Une greffe de cellules souches a changé leur vie. Deux Italiens, atteints d’un trouble du spectre de la neuromyélite optique (NMOSD), sont en rémission depuis plus de 15 ans grâce à cette opération. Dans la revue spécialisée Med, les chercheurs qui les ont suivis racontent cette période, sans poussée de la maladie, même avec une réduction des traitements.
Trouble du spectre de la neuromyélite optique : des risques de rechute, même en cas de traitement
"Le trouble du spectre de la neuromyélite optique est une maladie auto-immune rare dans laquelle les propres défenses du corps se retournent contre les nerfs optiques et la moelle épinière, rappellent-ils dans un communiqué. Cette confusion entraîne une inflammation qui peut priver les gens de leur vision, perturber quelque chose d'aussi basique que le contrôle de la vessie ou de l'intestin, et, dans certains cas, même provoquer une paralysie des bras et des jambes." Dans la plupart des cas, cette pathologie est liée aux AQP4-IgG : ils attaquent par erreur les cellules de soutien du système nerveux, entraînant une perte de myéline, ce qui protège les fibres nerveuses.
Ce mécanisme est responsable de l’aggravation des symptômes neurologiques. "Même avec les thérapies actuelles, certains patients souffrent encore de rechutes, avec 60 à 98 % des patients subissant des attaques répétées qui peuvent entraîner une invalidité permanente", préviennent les auteurs, des chercheurs de l’IRCCS San Raffaele Scientific Institute, à Milan en Italie. Pour les soulager, les scientifiques se sont intéressés à la "greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques (alloHCT)", une option de traitement très efficace pour les maladies auto-immunes.
Greffe de cellules souches : une rémission de quinze ans pour deux patients atteints du trouble du spectre de la neuromyélite optique
Ils ont testé cette méthode sur ces deux patients, en 2009 pour l’un, et en 2010 pour l’autre. Ils souffraient tous deux d’une forme très sévère de NMOSD, qui ne répondait pas aux traitements standard. Ces personnes ont reçu des cellules souches saines d'un donneur pour remplacer leurs propres cellules endommagées ou malades.
Au cours des années suivantes, les médecins ont effectué des examens neurologiques réguliers, des IRM du cerveau et de la moelle épinière, et des tests d'anticorps pour suivre les changements induits par le traitement. "Les deux patients sont restés complètement exempts d'attaques de maladies ou de rechutes pendant 15 et 16 ans, même sans traitement immunosuppresseur continu, observent aujourd’hui les auteurs. Après la transplantation de cellules souches, AQP4-IgG, l'anticorps pathogène, est devenu indétectable et est resté négatif tout au long de la période de suivi."
Les tests ont confirmé que le système immunitaire défectueux d'origine des patients avait été complètement remplacé par des cellules de donneurs saines. "Un patient a constaté une amélioration majeure de ses capacités physiques et est devenu père de deux enfants, poursuivent les auteurs. Même si l'autre patiente avait encore un certain handicap dû aux dommages survenus avant la greffe, elle a également déclaré être capable de faire des choses qu'elle n'était pas capable de faire auparavant." Face à ces résultats encourageants, les scientifiques souhaitent poursuivre leurs travaux et notamment réaliser des études cliniques avec de plus grands groupes de patients.


