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L'obésité creuse les inégalités

Par Philippe Berrebi

Le tableau général est plutôt rassurant. L’épidémie d’obésité semble marquer le pas en France, selon la dernière enquête ObEpi (1) reprise par la plupart de vos journaux. Entre 2009 et 2012, la prévalence n’a augmenté que de 0,5%. 15% de la population est obèse, soit près de 7 millions de Français  âgés de plus de 18 ans. « C’est peut être le signe que les politiques de santé publique commencent à avoir un impact », commente dans le Figaro, le Pr Arnaud Basdevant, nutritionniste à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière (Paris).
Mais à y regarder de près, le paysage s’obscurcit quelque peu. Ainsi, un adulte sur trois à un indice de masse corporelle compris entre 25 et 29,9, c’est-à-dire qu’il est en surpoids. « En quinze ans, relève le Figaro, le poids moyen des Français a augmenté de 3,6 Kg et le tour de taille de 5,3 cm. Or c’est bien cette obésité abdominale qui fait le lit des complications cardiovasculaires.

Mais surtout, chez les 18-24 ans, la prévalence a fait un bond de 35%. Selon les informations recueillies par Europe 1, le ministre chargé de l'agroalimentaire, Guillaume Garot, veut signer un "pacte" avec les 12 000 entreprises du secteur pour améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits. Moins de sucre, moins de sel, moins de graisse dans les produits et une meilleure lisibilité de l'étiquetage, c’est que souhaite obtenir le ministre.

Car l’obésité continue d’être un marqueur de inégalités. Les femmes sont plus touchées et les régions du Nord et de l’Est sont les plus marquées. On compte deux fois d’adultes obèses dans le Nord-Pas-de-Calais qu’en Midi-Pyrénées. Les classes sociales défavorisées, celles les plus concernées par le chômage, « grossissent » davantage que les celles à revenus plus élevés. Si globalement le «modèle culinaire » de la France reste solide, selon le Pr Basdevant, il ne profite pas encore à tous.

 

(1) Enquête déclarative réalisée auprès de 25 714 Français, âgés de plus de 18 ans, interrogés entre janvier et mars 2012 par Kantar Health à l’initiative de Roche.