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QUESTION D'ACTU

Prévention des conflits

Suicide à l'hôpital Pompidou : l'AP-HP réagit avec un plan d'action

L'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris a annoncé la mise en place d'un plan d'action après le suicide d'un cardiologue à l'hôpital Georges Pompidou. 

Suicide à l'hôpital Pompidou : l'AP-HP réagit avec un plan d'action NIKO/SIPA

  • Publié 05.01.2016 à 11h24
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Près de trois semaines après le suicide de Jean-Louis Mégnien, professeur de cardiologie à l’hôpital Georges Pompidou, l’AP-HP a annoncé ce lundi la création d’un « plan d’action » visant à repérer les « situations conflictuelles » au sein des établissements, et à leur apporter une réponse rapide.

En effet, depuis le geste tragique du Pr Mégnen, plusieurs confrères accusent l’administration de « maltraitance » et affirment que ce dernier aurait été victime des conflits qui minent l’hôpital depuis plusieurs années. La famille du praticien décédé a d’ailleurs décidé de porter plainte pour « harcèlement moral » - un motif qui pourrait être requalifié en « homicide involontaire », selon Le Figaro.

Améliorer le management

Le directoire de l’AP-HP, organe de concertation chargé d'appuyer et de conseiller le directeur général Martin Hirsch, ne nie pas l’existence de ces problèmes internes. « Trop de situations de conflits interpersonnels s'enveniment à l'hôpital et nuisent durablement à la qualité des soins et à la qualité de vie au travail », écrivent les auteurs d’un communiqué.

Le plan, qui devrait être mis en place « le plus rapidement possible », a dans un premier temps vocation à délimiter le rôle et les responsabilités des praticiens et chefs, afin d’éviter les abus.

Ainsi, il s’agit de « mieux définir les responsabilités managériales qui incombent aux chefs de service et aux chefs de pôle ». Et pour ce faire, de « ré-instituer des conseils de service, de prévoir un entretien d’évaluation annuel avec l’ensemble des praticiens de l’unité, de mettre en place des procédures d’évaluation régulières de la dimension managériale d’une unité ».

Par ailleurs, le directoire souhaite « mieux prendre en compte les compétences managériales avant d'investir des praticiens de responsabilité ». « Il faut que les médecins qui ont des compétences médicales et scientifiques incontestées, mais peu d'aptitudes managériales, puissent avoir une reconnaissance autre que celle d'accéder à des responsabilités faites pour eux », précise encore le communiqué.

Des nominations plus transparentes

Le plan prévoit également « davantage de garanties d'objectivité » dans la nomination des chefs de service, « en se réinterrogeant sur les procédures d'appel à candidatures et les critères de sélection ». Une manière de répondre aux accusations liées aux nominations des chefs de service, qui répondraient à des critères flous et serviraient de monnaie d’échange pour des pressions et chantages, selon de récents témoignages de médecins.

Le plan vise en outre à rétablir une « durée limitée au mandat de chef de service », éventuellement renouvelé après une évaluation « tenant compte de l'appréciation portée par l'équipe médicale et paramédicale sur le management ».

Le directoire estime aussi nécessaire « de mettre en place un dispositif d'identification des situations à risque au sein de chaque groupe hospitalier » et des procédures d'intervention qui « soient suivies de décisions ».

La commission d'enquête critiquée

Les membres du directoire rappellent enfin qu'il appartient à la commission ad hoc de l'AP-HP de « mettre à plat les dysfonctionnements au sein de l'hôpital européen Georges Pompidou ».

Un collectif de soutien au médecin décédé a toutefois dénoncé ce lundi cette commission, composée de trois membres « désignés » par Martin Hirsch, accusent-ils. Ces membres ont des « liens » avec des personnes dont se serait plaint le cardiologue (son ancien chef de service, Alain Simon, et la directrice du groupe hospitalier, Anne Costa).

« La mise en place de cette commission d'enquête administrative et le choix des enquêteurs ne garantissent pas une totale indépendance ni une totale impartialité », écrit dans un communiqué le collectif qui demande que l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) soit saisie de l'enquête administrative.

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