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Perte financière, santé...

Les femmes sont les premières victimes du divorce

Par Julian Prial

Les couples français sont de plus en plus fragiles avec des unions qui durent moins longtemps. Et les femmes sont les grandes perdantes lors de la séparation.

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Quel est le portrait-robot des couples et des familles françaises ? Cest la question à laquelle répond ce mercredi l'étude « Couples et familles » publiée par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Elle montre tout d'abord que deux Français sur trois vivent en couple (73 % mariés, 4 % pacsés, 23 % en union libre). Ces couples sont cependant de plus en plus fragiles, avec des unions qui durent moins dans le temps.
« Les premières unions sont aussi de plus en plus courtes, au fil des générations, depuis celles nées dans les années 1950. C'est l'une des tendances les plus marquantes. Il est de plus en plus fréquent de vivre plusieurs unions au cours de sa vie », écrit Vianney Costemalle, qui a participé aux travaux.

Les séparations augmentent

Que ce soit en mariage, en pacs, ou  en union libre, le nombre de couples qui éclatent augmente donc inexorablement. Selon les chiffres de l'Insee, entre 1993 et 1996, 155 000 couples s'étaient séparés. Entre 2009 et 2012, ils sont 253 000, soit une augmentation de 63 %. Ainsi, fin 2013, une personne sur trois âgée de 26 à 65 ans vivant en couple a déjà vécu une séparation.

En conséquence, les familles monoparentales (1) sont passées de 16 % en 1999 à 20 % en 2011. Des familles monoparentales largement maternelles (85 %). La garde principale chez la mère concerne encore 75 % des cas, alors que la garde principale chez le père ne dépasse pas 7 %. Le reste sont en garde partagée. 

Difficile de trouver un job 

Et lors de ces séparations, les hommes s'en sortent mieux. Ce sont ainsi les femmes qui sont les grandes perdantes. Par exemple, le niveau de vie l'année suivant la rupture recule de 20 % pour les femmes, contre seulement 3 % pour les hommes.

Pire, le fait d'avoir au moins un enfant mineur semble compliquer une nouvelle vie amoureuse. L'étude de l'Insee montre en effet qu'une femme qui a un enfant de moins de cinq ans a ainsi deux fois moins de chances de refaire sa vie en couple qu'une femme sans enfant. De leur côté, les hommes se remettent plus rapidement en couple après une rupture, précisent les auteurs.

Pour enfoncer encore le clou dans cette tendance pénible pour les femmes, l'Insee indique que celles ayant la charge de familles monoparentales ont aussi davantage de difficultés à trouver un travail : leur taux de chômage est de 15 %, contre 7 % pour les femmes en couple.

Le risque d'infarctus chez les femmes plus élevé

Enfin, le divorce ne s'accompagne pas que de difficultés financières. Il augmente également le risque d’infarctus du myocarde, les divorcés étant plus à risque que les personnes en couple. D'après une étude récente parue dans Circulation : Cardiovascular Quality and Outcomes, les femmes sont 24 % plus à risque d’infarctus du myocarde après une première séparation.
Cela n’est pas le cas pour les hommes. A partir du deuxième divorce, le risque est augmenté pour les deux sexes. Mais là encore, les femmes sont plus durement touchées (+77 % contre +30 %). Et si le remariage permet de redonner aux hommes une bonne santé cardiaque, le beau sexe, lui, reste toujours en danger, rajoutaient ces scientifiques.

Alors, pour rassurer ceux qui font le choix du divorce, sachez que selon des chercheurs danois, se disputer régulièrement avec son/sa partenaire pourrait augmenter le risque de décès prématurés. Notamment chez les hommes ! Dans cet article, les femmes peuvent enfin souffler...


(1) Une famille monoparentale comprend un parent isolé et un ou plusieurs enfants célibataires (n'ayant pas d'enfant).