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Particules, ozone, dioxyde d'azote

Pollution de l'air : 430 000 décès en Europe par an

Par Julian Prial

Selon un rapport publié par l'Agence européenne pour l'environnement, la pollution de l'air continue de causer plus 430 000 décès prématurés en Europe par an.

/NEWSCOM/SIPA

C'est une bien mauvaise nouvelle qui arrive au moment de l'ouverture de la Conférence de Paris de sur le changement climatique (COP21). Le rapport 2015 de l'Agence Européenne pour l'Environnement (AEE) sur la qualité de l'air en Europe dresse ce lundi le bilan de l'exposition de la population européenne aux polluants atmosphériques. 

432 000 décès prématurés en Europe en 2012

Ce document qui fournit un aperçu de la qualité de l'air est fondé sur les données de stations de surveillance officielles dans toute l'Europe.
Le rapport montre que la plupart des citadins restent exposés à des niveaux de pollution atmosphérique jugés nocifs par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Les principaux polluants ayant une incidence sur la santé humaine sont les particules (PM), l'ozone troposphérique (O3) et le dioxyde d'azote (NO2).
Les estimations de l'impact sur la santé d’une exposition chronique aux particules fines (PM2,5) montrent que ce polluant a été responsable de 432 000 décès prématurés en Europe en 2012. « Un chiffre similaire aux estimations des années précédentes », précisent les auteurs de l'étude.

Les expositions au dioxyde d'azote et à l'ozone sont jugées responsables respectivement d'environ 75 000 et 17 000 décès prématurés.

Les particules en suspension
Elles peuvent provoquer ou aggraver des maladies cardiovasculaires et pulmonaires, des infarctus et des arythmies. Elles peuvent aussi provoquer des cancers. En 2013, 87 % de la population urbaine de l'Union européenne était exposée à des concentrations de PM2,5 dépassant la valeur fixée par l'OMS pour protéger la santé humaine.
Les normes européennes en matière de qualité atmosphérique étant moins strictes, seulement 9 % de la population était exposée à des taux de PM2,5 dépassant la valeur cible définie par l'UE.
Le respect par l'ensemble des pays de l'UE des normes de l'OMS en matière de qualité de l'air permettrait de diminuer les concentrations moyennes de PM2,5 et de réduire de 144 000 le nombre de décès prématurés par an, par rapport à la situation actuelle. Les PM2,5 se réfèrent aux particules d'un diamètre maximal de 2,5 μm. Les petites particules peuvent pénétrer profondément dans les poumons.


Une incidence économique considérable 

« Malgré les améliorations constantes observées au cours des dernières décennies, la pollution atmosphérique continue d'affecter la santé générale des Européens, réduisant leur qualité de vie et leur espérance de vie », déplore le directeur exécutif de l'AEE, Hans Bruyninckx. « La pollution de l'air a aussi une incidence économique considérable. Elle est à l'origine d'un accroissement des coûts médicaux et d'une réduction de la productivité liée à la perte de jours de travail dans tous les secteurs », rajoute-t-il


Enfin, en plus de leurs effets sur la santé, les polluants atmosphériques ont aussi des effets néfastes importants sur la vie végétale et les écosystèmes. « Ces problèmes, y compris l'eutrophisation causée par l'ammoniac (NH3) et les oxydes d'azote (NOX), ainsi que les dommages aux plantes causés par l'ozone, restent très répandus en Europe », conclut-il.