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Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire

Sport et seniors : une pratique trop intense est risquée

Par Ambre Amias

Si les bénéfices de l’activité physique et sportive chez les seniors ne sont plus à démontrer, une pratique trop intense peut s’avérer risquée.  

Matthew Apgar/AP/SIPA

Le sport, c’est bien, mais point trop n’en faut. Tel est le constat rappelé dans le dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) consacré au sport et à l’activité physique, notamment chez les seniors.

Car chez cette partie de la population française, les bienfaits et les risques liés à la pratique du sport ne sont pas les mêmes que chez les plus jeunes. Or, face à un « engouement croissant des seniors pour le sport de loisir de haut niveau », les auteurs estiment indispensable de rappeler quelques « conseils de prudence ».
 

Risque de mort subite

A travers une revue de littérature, ils évoquent les risques auxquels sont exposées les personnes de plus de 50 ans lorsqu’elles s’adonnent de manière excessive à une activité physique ou sportive. « Un senior sédentaire qui démarre ou reprend une activité physique intense s’expose à un surrisque cardiovasculaire transitoire (avec risque de syndrome coronaire aigu et de mort subite) ».

Certes, ce risque est largement contrebalancé par le bénéfice à long terme de l’activité physique. Ce bénéfice est de plusieurs ordres – cardiovasculaire, neurocognitif… Mais « le mieux est souvent l’ennemi du bien », philosophent les auteurs. A ce titre, il convient d’adapter sa pratique à son profil.
 

30 minutes 5 fois par semaine

En France, l’Inserm a émis des recommandations pour l’adulte de plus de 50 ans, rappelle le BEH. Une activité physique de type aérobie (endurance) d’intensité modérée doit se pratiquer pendant une durée minimale de 30 minutes au moins 5 fois par semaine, avec possible fractionnement (les activités de la vie quotidienne de moins de 10 minutes ne sont pas comptabilisées). Pour une activité plus intense, l’Inserm préconise une durée minimale de 20 minutes au moins trois fois par semaine.

« Une activité trop intense et mal conduite est à risque avec l’avancée en âge, mais les bénéfices d’une activité physique régulière, raisonnable et raisonnée, sont abondamment documentés, avec une connaissance de plus en plus précise des mécanismes sous-jacents », concluent les auteurs. Une synthèse des recommandations issues de l’OMS permet de résumer les conseils adaptés aux seniors.