ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Deux fois plus de dépressifs chez les jeunes sans emploi

En Grande-Bretagne

Deux fois plus de dépressifs chez les jeunes sans emploi

Par Anne-Laure Lebrun

Les jeunes hors du système scolaire et sans emploi sont plus susceptibles de souffrir de troubles de la santé mentale. 

CLOSON/ISOPIX/SIPA

Frappée de plein fouet par la crise économique, la jeune génération fait face à un avenir professionnel bien sombre, en particulier pour ceux qui décrochent. En France, ils sont près de 2 millions de 15 à 29 ans à être sortis du système scolaire sans diplôme, sans formation et surtout sans emploi. Ces jeunes peu qualifiés sont appelés des NEET (l'acronyme vient de l'anglais « not in employment, education or training »).

Parmi ces jeunes inactifs, nombreux sont ceux qui sont résolus à chercher un travail. Une quête vers l'emploi qui peut affecter leur santé mentale et les fragiliser, révèle une étude publiée dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry.

Réalisés auprès de 2 000 jeunes Britanniques de plus de 18 ans (dont 12 % de NEET), ces travaux montrent que 35 % des participants sans diplôme, emploi oue formation ont souffert de dépression, contre 18 % pour les autres jeunes. Les NEET sont également plus nombreux à souffrir de troubles anxieux que leurs pairs (14 % contre 6 %). Ils sont aussi plus enclins à consommer de la drogue et ont du mal à contrôler leur agressivité.

Soutenir les jeunes en difficulté

« Nous pensons que le statut de NEET et les problèmes de santé mentale surviennent en parallèle pour de nombreuses raisons, explique le Pr Terrie Moffitt, chercheur au King’s College de Londres et co-auteur de l’étude. D’abord, le stress généré par l’envie de travailler mais de ne pas en être capable peut être néfaste. Par ailleurs, les employeurs ont tendance à préférer les candidats qui semblent être en meilleure santé, et enfin, les manifestations de troubles mentaux graves participent au désengagement scolaire et au travail. »

Les auteurs soulignent que la majorité des jeunes qu’ils ont interrogés s’efforcent de trouver un emploi et s’accrochent à l’idée de travailler, bien qu’ils puissent être entravés par leur manque de compétences. Leur apporter un soutien psychologique durant cette recherche pourrait leur permettre de décrocher un travail, estiment-ils.