ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Dépendance à l’alcool : un anti-diabétique réduit la consommation

Testé chez le rat

Dépendance à l’alcool : un anti-diabétique réduit la consommation

Par Audrey Vaugrente

Piste prometteuse, un médicament contre le diabète pour lutter contre l’addiction à l’alcool. Chez le rat, il réduit la consommation et évite l'effet de sevrage.

PERRIERE/SIPA

Après le myorelaxant baclofène, un traitement du diabète indiqué dans la dépendance à l’alcool ? Le liraglutide, utilisé dans le diabète de type 2, permet de réduire la consommation d’alcool. C’est le résultat de tests chez des rats dépendants, publié dans la revue Addict Biology.

Le liraglutide est un analogue du GLP-1 (glucagon-like peptide-1), autorisé depuis 2009. Le glucagon est une hormone intestinale qui accélère l’action de l’insuline. Mais les récepteurs du GLP-1 se situent également dans le cerveau, et plus précisément dans les aires du cerveau liées à la récompense (aire tegmentale ventrale, noyau accumbens). C’est cette observation qui a poussé l’équipe de l’hôpital universitaire de Göteborg (Suède) à tester le médicament dans une indication toute autre : l’alcoolo-dépendance.

Plusieurs groupes de rats ont été utilisés. Certains étaient dépendants à l’alcool, d’autres manifestaient simplement une préférence par rapport à l’eau. L’administration d’analogues du GLP-1 s’est faite de manière ponctuelle ou continue, selon les spécimens.

30 à 40 % d’alcool en moins

Première observation : le liraglutide atténue la libération de dopamine, même s’il n’influence pas le taux d’alcool dans le sang. Cela signifie que le traitement inhibe l’action de l’alcool sur le circuit mésolimbique, qui conditionne l’addiction. En traitement continu, il permet aux rats de réduire leur consommation d’alcool de 30 à 40 %. Les rats préférant l’alcool se sont aussi mis à moins manger et leur IMC a chuté.

L’action de l’agoniste du GLP-1 dure 24 heures, notent les auteurs, et reste stable au cours de cette période. Même sur une si courte période, des bénéfices apparaissent. Le médicament prévient en outre l’effet de sevrage, ce qui évite les rechutes.

« Ces données suggèrent que les agonistes des récepteurs du GLP-1 pourraient être testés en tant que traitement de la dépendance à l’alcool chez l’être humain », concluent les chercheurs. D’autant que ce n’est pas la première fois qu’un tel mécanisme est mis en évidence. Une étude parue en juin dernier dans Translational Psychiatry suggère également que le liraglutide représente une piste prometteuse. Elle avance même l’hypothèse d’une prise en charge ciblée selon le génome, l’efficacité étant accrue en présence d’une certaine variante du gène 168Ser.