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QUESTION D'ACTU

A partir de 9 ans

Alcool et enfants : en parler tôt et sans tabou

Pour lutter contre l'alcoolisation massive, l'Académie américaine de pédiatrie propose un questionnaire dès 9 ans. Une proposition soutenue par addictologues et pédiatres français. 

Alcool et enfants : en parler tôt et sans tabou James McCauley / Rex Fe/REX/SIPA

  • Publié 04.09.2015 à 07h00
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La prévention des dangers de l’alcool, cela commence dès 9 ans. Un rapport de l’Académie américaine de pédiatrie consacré au binge drinking, et paru dans Pediatrics, préconise de sensibiliser les enfants le plus tôt possible. Et pour cause : outre-Atlantique, 23 % des plus de 12 ans se sont déjà adonnés à la « biture express ».

Danger pour le cerveau

Le binge drinking, rappellent les auteurs du rapport, commence lorsque les épisodes d’ivresse dépassent 4-5 verres et deviennent fréquents. Le phénomène, bien connu dans le monde anglo-saxon, menace également la France. Il peut concerner des adolescents dès 13 ans, ce qui n’est pas sans risque pour le cerveau.

« On sait que plus l’âge de consommation est précoce, plus le risque est élevé. On parle du binge drinking, qui est un problème avec des conséquences aiguës. Mais il touche plutôt une tranche allant de 13 à 20 ans, souligne l’addictologue Laurent Karila, porte-parole de l’association SOS Addictions. Il ne faut pas méconnaître la période 9-13 ans. C’est une période où le cerveau n’a pas fini sa puberté. Or l’alcool altère les structures cérébrales. »

Parler des risques à court terme

Actant le phénomène, les experts de l’AAP émettent trois recommandations : mettre en place des techniques d’intervention universelles, des mesures de prévention auprès des jeunes, et un dépistage systématique par les pédiatres. Les deux dernières devraient démarrer dès 9 ans, car c’est à cette période que les enfants commencent à voir l’alcool d’un œil positif. Trop jeune ? Pour le Dr Karila, « il n’y a pas d’âge pour en parler. Neuf ans, c’est une période importante de transition entre l’école primaire et le collège. En parler précocement, c’est préventif, informatif et sensibilisant. »

La pédiatre Sylvie Hubinois se montre plus modérée : « Je n’ai pas l’habitude d’aborder le sujet si tôt, confie-t-elle. J’en parle plutôt à partir de la 6e-5e, quand je commence à voir les ados seuls, parce que je n’ai pas l’impression que ce soit un problème si tôt dans ma patientèle. Le problème se pose plutôt à partir de la 4e. » Mais elle reconnaît que plus la prévention commence tôt, plus elle est efficace.

Systématiser le dépistage

Mais comment parler de l’alcool et de ses dangers à un enfant ? « Bien évidemment, parler de cancers et de maladies du foie, ça n’a aucun impact. Il faut plus parler des risques à court terme », estime Laurent Karila. Mais à ses yeux, ce sujet doit devenir aussi routinier que la question de la cigarette. Car l’influence des parents est réelle. Mais la famille n'est pas seule sur le terrain : les médecins traitants – généralistes ou pédiatres – ont eux aussi un rôle à jouer. « Ce sont des acteurs de premier plan, même des piliers, juge le Dr Karila. Il faut inclure des questions dans l'entretien clinique. » Ce questionnaire, selon l'AAP, doit être systématisé.

Sylvie Hubinois salue à ce titre les propositions du rapport. « Le texte explique assez bien l'approche, et je l’utilise aussi : il ne faut pas les agresser tout de suite, ne pas être trop direct, détaille-t-elle. De toute façon, les ados racontent ce qu’ils ont envie de raconter. Il est plus facile de commencer la conversation en parlant de la classe, des soirées… On commence gentiment en parlant des amis, puis on parle d’eux. Cela fonctionne plutôt bien et cela permet d’introduire de la prévention. » Et leur rôle est d'autant plus complémentaire que les écoles n'abordent pas toutes la thématique, et pas toujours dans la même mesure. « Les professeurs n’osent pas toujours tout aborder », reconnaît la pédiatre.

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