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Au Royaume-Uni

Alcool : des recommandations sanitaires "irréalistes"

Par Suzanne Tellier

Les recommandations sanitaires sur l’alcool ne sont pas adaptées à la réalité des consommations, selon une étude publiée dans la revue Addictions.

SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

« Une unité d’alcool, s’il vous plaît ! » Si la formule semble étrangère, c’est que la plupart des consommateurs ne l’utilisent pas. De fait, peu savent ce que recouvre précisément une unité d’alcool, alors même que cette mesure est utilisée par les Etats pour aider les citoyens à quantifier ce qu’ils boivent et ainsi limiter leurs excès.

De ce point de vue, l’objectif est raté, selon des chercheurs du « UK Centre for Tobacco and Alcohol Studies ». Dans leurs travaux publiés dans la revue Addictions, ils s’interrogent sur le sens que donnent les consommateurs d’alcool aux recommandations en vigueur au Royaume-Uni. Celles-ci préconisent de ne pas boire plus de 3-4 unités par jour pour les hommes, et 2-3 pour les femmes. Des seuils proches de ceux prônés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un message inaproprié

Interrogés, les 66 participants âgés de 19 à 65 ans se sont montrés plutôt dubitatifs vis-à-vis de ces recommandations. Pour beaucoup, la mesure quotidienne n’est pas appropriée puisqu’eux-mêmes ne consomment pas d’alcool quotidiennement. En revanche, ils profitent des week-ends pour s’abreuver et dépasser, parfois largement, ces recommandations.

Selon les auteurs, les messages ne prennent pas suffisamment en compte la recherche d’ivresse qui est à l’origine d’une consommation ponctuelle et intense. Ils fournissent un seuil sanitaire pour un usage quotidien, mais ils manquent une large partie de leur cible, qui consomme différemment.

Par ailleurs, les participants ont été plus enclins à utiliser des mesures telles que le verre, la pinte ou la bouteille pour évaluer leur consommation. Une réalité que ne prennent pas en compte ces recommandations, qui proposent un calcul basé sur l’unité. Sur la page dédiée, le site Internet du Nation Health System prévient : « It can be a bit tricky to understand and remember how much alcohol is in drinks ! » (« Cela peut être un peu compliqué de comprendre combien d’alcool contient un verre, et de s’en souvenir ! »)

Le système australien et canadien, qui fournit des conseils distincts pour les consommations quotidiennes et ponctuelles, semble plus adapté à la réalité, soulignent les auteurs. Ces conclusions pourraient inspirer les futures recommandations nationales, qui sont en cours de révision en Angleterre et en Ecosse.