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Pathogènes exotiques

Thaïlande : des mycoses génitales ultra-tenaces en souvenir

Par Julian Prial

Plusieurs médias suisses relatent les cas de touristes revenus de Thaïlande avec un souvenir des plus désagréables : des mycoses résistantes, nécessitant un traitement par antibiotiques.

Charles Knight/REX Shut/REX/SIPA

Soleil, plages de sable fin, casinos, discothèques, les vacances en Thaïlande sont souvent très appréciées des voyageurs. Avec tous ces atouts, la ministre du Tourisme et des Sports, Kobkarn Wattanavrangkul, a prévu d'accueillir 29 millions de touristes étrangers en 2015. Une destination de rêve donc, dont l’image est un peu ternie ce mercredi par une histoire de mycoses génitales ultra-tenaces.

 

Un champignon résistant aux antifongiques

En effet, d’après Newsnet, une jeune touriste suédoise, résidant en Suisse, est revenue de Thaïlande avec une mycose vaginale causée par un champignon microscopique filamenteux du nom de Trichophyton interdigitale. « Jusqu’à présent, il était surtout connu pour causer des mycoses entre les orteils et dans la région de l'aine », confie le dermatologue Antonio Cozzio, de l'Hôpital universitaire de Zurich, au quotidien helvète 20 minuten.
La jeune fille, pensant à une mycose classique, a d’abord essayé une pommade antifongique, en vain. Pire encore, l'infection s'est par la suite répandue. Les douleurs, accompagnées d'abcès, étaient telles que la jeune fille s'est résolue à aller à l'hôpital deux semaines après son infection.

 

Cette consultation a abouti à un diagnostic étonnant. Alors que le trichophyton se transmet plutôt dans un sauna ou une piscine, les médecins du Triemli Hospital (Zurich) ont découvert que l'infection avait eu lieu lors d'un rapport sexuel pourtant avec un préservatif. Son partenaire, un touriste, a en effet évoqué avoir souffert des mêmes symptômes (sensations de brûlures, rougeurs, boutons), indique le média allemand Ärzte Zeitung.

 

Six semaines pour soigner l’infection

Au final, il a fallu pas moins de six semaines, dont deux à l'hôpital, pour que l'infection se résorbe totalement, « à grands coups d'antibiotiques », précisent les journaux suisses. La jeune fille gardera cependant toute sa vie des cicatrices dans sa région intime.
Et le plus stupéfiant dans l'histoire est que cette patiente n'est pas seule, car pas moins de sept autres personnes (deux femmes et cinq hommes) se sont présentés l’an dernier (entre mars et juillet 2014), aux hôpitaux de Zurich avec les mêmes symptômes (lésions rougeâtres et squameuses dans la zone génitale). Tous revenaient de vacances en Asie du Sud-Est, et les hommes avaient eu des rapports sexuels avec des prostituées locales.

 

Le rasage intégral des poils pubiens déconseillé

Le corps médical a remarqué que quatre de ces patients, les plus sévèrement touchés, s'étaient rasés les poils pubiens. Les dermatologues estiment que l'inflammation s'en est ainsi trouvée aggravée. « La peau à cet endroit peut être blessée par ce genre de rasage favorisant les inflammations et les infections », a confirmé l'expert suisse Christoph Hatz à la Tribune de Genève.
Et pour alerter encore sur ce point, l'Hôpital Universitaire de Bâle indique également dans les médias suisses qu'il a eu à traiter un cas similaire. Le Dr Peter Itin, chef du service de dermatologie de l'établissement, a précisé qu’il s’agissait toujours du même Trichophyton interdigitale, et toujours sur des pubis rasés.

Il conclut toutefois avec une nouvelle rassurante pour les amoureux de muay-thaï et de temples bouddhistes : « Nous n'avons constaté aucune hausse du nombre de touristes victimes d'infections fongiques lors de leurs vacances en Asie. Hormis les sept cas de l'année dernière et celui de la Suédoise, les Hôpitaux universitaires de Bâle et Zurich ont recensé ces derniers mois chacun seulement un cas de mycose génitale ».