ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Acides gras trans : présents dans un tiers des aliments américains

Industrie agro-alimentaire

Acides gras trans : présents dans un tiers des aliments américains

Par Dilan Fadime Yavuz

Une étude de l'ONG américaine EWG a démontré, qu'aux Etats-Unis, un tiers des aliments des supermarchés contient des huiles hydrogénées pouvant augmenter les risques cardiovasculaires.

Francis Joseph Dean/REX/REX/SIPA

Ils sont partout ! Viennoiseries, pizzas, quiches… Les acides gras trans, ou huiles industrielles, qui donnent plus de consistance aux aliments, font plus partie de notre alimentation quotidienne que l’on ne pense. En effet, d’après une étude de l’ONG américaine EWG, publiée le 22 mai dernier sur le site de l’organisation, ils seraient présents dans plus de 27 % des 84 000 produits de supermarché testés.

Un risque cardiovasculaire

Même si certains acides gras trans, sont présents naturellement dans l’estomac des ruminants (vache, mouton) et donc dans la viande, le lait ou les produits laitiers, la grande majorité est fabriquée synthétiquement via des procédés industriels à partir d’huiles végétales insaturées. Toutes les études s’accordent à dire que ces acides gras trans n’ont aucun intérêt nutritionnel pour la santé.
Bien au contraire. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), rappelle qu’une « consommation excessive d’acides gras trans est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire ».

 

Présent dans 27 % des aliments pré-emballés

En utilisant sa base de données alimentaire interactive recensant près de 84 000 aliments susceptibles d’être achetés et consommés quotidiennement, l'ONG américaine EWG a montré que 27 % des aliments pré-emballés contiennent des acides gras trans et 10 % sont fabriqués avec des ingrédients susceptibles d’en contenir. En haut du podium de ces aliments contenant le plus d’huiles hydrogénées : le pop-corn, les croissants et les tartes surgelées.

L’organisation EWG a aussi relevé que seulement 2 % des aliments recensés indiquaient la présence de ces acides gras trans sur leur étiquette. Les produits à destination des plus jeunes, qui indiquaient pourtant « zéro acide gras trans », contenaient, pour près de 10 % d’entre eux, des doses allant de 0,5 à 1 %.
La Food and drug administration (FDA) a révélé que l’obligation d’étiqueter les aliments depuis 2006 avait contribué à réduire fortement la consommation d’acides gras trans de l’alimentation américaine – elle est passée de 4,6 g par jour en 2003 à 1 g en 2012.

L’interdiction instaurée par la FDA, de l’utilisation des acides gras trans dans l’alimentation transformée a permis, d’après EWG de prévenir 20 000 infarctus et 7 000 décès liés aux maladies coronariennes.
En France, l’Anses n’interdit pas formellement l’utilisation des acides gras trans mais souligne que « la présence dans les aliments d'AG trans d'origine technologique doit se limiter à un intérêt techno-fonctionnel », tout en encourageant à réduire leur utilisation dans l’alimentation humaine, mais aussi animale.