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Cancer de l'ovaire

Cancer de l’ovaire : le diagnostic précoce est difficile

Le cancer de l’ovaire évolue pendant longtemps sans provoquer beaucoup de signes. Enfouis profondément dans le petit bassin, les ovaires sont difficiles à examiner pour les médecins ce qui complique le diagnostic précoce. Le traitement a évolué sur le plan chirurgical et le traitement peut être adapté en fonction des anomalies génétiques.

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Quels sont les principes du traitement du cancer de l’ovaire ?

Le traitement du cancer de l’ovaire repose sur deux options thérapeutiques que sont la chirurgie et la chimiothérapie. Les indications sont très précises et relèvent du stade du cancer et de son type.
Dans tous les cas, il sera nécessaire d’hospitaliser la personne dans un service d’oncologie ou de gynécologie spécialisé en cancérologie.
Le choix de la stratégie à adopter sera pris lors d’une réunion pluridisciplinaire au cours de laquelle participeront plusieurs gynécologues, cancérologues, radiologues et anatomo-pathologistes et des chirurgiens spécialisés car l'objectif de la chirurgie doit être de retirer complètement la tumeur : la résection totale de la tumeur.
Pour ces cancers localisés à l’ovaire et peu évolués, une opération chirurgicale limitée peut être suffisante. Dans tous les autres cas, la chirurgie sera plus lourde, plus spécialisée et elle sera suivie d’une chimiothérapie qui est en pleine mutation. Il est parfois même possible pour les cancers métastasé de ne proposer que de la chimiothérapie sans traitement chirurgical.

En quoi consiste le traitement par chirurgie ?

Avant toute chirurgie, une consultation d’anesthésie sera programmée pour évaluer les risques et les modalités de l’anesthésie générale.
• L’opération la plus fréquente pour le traitement d’un cancer de l’ovaire est appelée « hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale ». Le chirurgien va réaliser une incision pour ouvrir le ventre, la « laparotomie » et accéder à la région où se situe l’appareil reproducteur. Il va ensuite retirer les deux ovaires (« ovariectomie ») et les trompes de Fallope (« annexectomie bilatérale »), puis également l’utérus et son col (« hystérectomie totale »), en laissant le vagin. Cette technique peut paraître très impressionnante mais elle est nécessaire pour éviter de laisser dans le corps le moindre foyer de cellules cancéreuses.
• Pour les cancers très localisés avec un stade peu avancé, il est possible de ne réaliser que le retrait de l’ovaire atteint, « l’annexectomie unilatérale ». Cela permettra aux femmes non ménopausées d’avoir un enfant si elles le désirent. Dans ce cas, la laparotomie pourra être remplacée par une « cœlioscopie ». Le chirurgien, grâce à deux petites incisions, va faire passer ses instruments et une caméra pour opérer sans ouvrir le ventre.
• Lorsque le cancer est évolué et qu’il envahit les régions à proximité des ovaires, il va falloir retirer en plus tous les organes incriminés. Il peut s’agir de la chaîne toute entière de ganglions « le curage ganglionnaire », du tissu reliant chaque organe de l’abdomen « l’épiploon » ou encore d’un bout de côlon, de rate ou de vésicule biliaire.
Le traitement chirurgical sera complété par l’injection d’une chimiothérapie, on dit alors que c’est une « chimiothérapie adjuvante ». Elle sera administrée soit par voie sanguine, soit directement dans le ventre.

Quels sont les principes de la chimiothérapie ?

Un traitement par chimiothérapie est envisagé lorsque le cancer est moyennement avancé ou à un stade métastatique, mais également en soins palliatifs pour diminuer les douleurs.
• La chimiothérapie est habituellement un traitement injecté par perfusion dans le sang pour atteindre et détruire les cellules cancéreuses dans tout le corps, mais dans le cas du cancer de l’ovaire, il est possible d’injecter le produit directement au contact des ovaires dans le pelvis, c’est une « chimiothérapie intrapéritonéale ». Le liquide injecté va agir dans la cavité contenant tous les organes de l’abdomen entourés par une membrane protectrice « le péritoine ».
• Les médicaments de référence sont le carboplatine et le paclitaxel. Ils sont donnés en même temps et c’est ce que l’on appelle une association ou « polychimiothérapie ».
L’inconvénient de ces médicaments est l’existence fréquente d’effets secondaires, notamment la chute des cheveux, les nausées et les diarrhées fréquentes. Des traitements préventifs de ces effets secondaires doivent être mis en place. En effet, les chimiothérapies s’attaquent aux cellules cancéreuses mais plus généralement aux cellules qui se multiplient rapidement et c’est le cas des cellules de la muqueuse digestive et celles des cheveux.

Quels sont les autres traitements du cancer de l’ovaire ?

Il n’existait que très peu d’alternatives à la chirurgie ou à la chimiothérapie dans le traitement du cancer de l’ovaire, mais tout cela a changé.
Parmi les médicaments qu apportent un progrès majeur, la thérapie ciblée (anti-PARP) offre une amélioration nette de la survie globale dans les cancers au stade très avancé en cas d'anomalie BRACA1 ou 2. Il s’agit de molécules qui ciblent uniquement les cellules cancéreuses et épargnent les cellules saines de l’organisme. En supplément de la chimiothérapie, un anticorps anti-VEGF, le bevacizumab, réduit les risques de rechute de cancer, mais c'est surtout les anti-PARP en traitement d'entretien de 2 ans qui font la différence en cas d'anomalie BRCA1 ou 2.
Les chercheurs suivent d’autres pistes avec l’avènement des immunothérapies. Ces médicaments qui agissent sur le système immunitaire pourraient voir leur application étendue au cancer de l’ovaire dans les années à venir. Des études sont prometteuses, en monothérapie ainsi qu'en association aux anti-PARP.