Quelques kilos de perdus, tous retrouvés après quelques mois. Nombre de régimes se terminent par cet effet "yo-yo". Depuis de nombreuses années, cette reprise de poids est jugée dangereuse pour la santé. Dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, des scientifiques défendent l’idée inverse : toute perte de poids, même temporaire, serait bénéfique.
Faut-il craindre l’effet yo-yo des régimes ?
"Nombreuses sont les personnes qui renoncent à perdre du poids par crainte d'une reprise de poids ultérieure, préjudiciable à leur organisme ou à leur métabolisme. Notre étude indique que ces craintes sont largement infondées, explique Faidon Magkos, professeur au Département de nutrition, d’exercice et de sport de l’Université de Copenhague. Dans la plupart des cas, les bienfaits de la perte de poids l'emportent sur les risques potentiels de reprise de poids." Le chercheur et ses collègues ont analysé les résultats de différents travaux réalisés sur le sujet pour arriver à cette conclusion.
Perte de poids : l’effet yo-yo n’aggrave pas l’état de santé
"Un constat majeur est que les liens entre les régimes yo-yo et une mauvaise santé ne sont souvent pas étayés par une relation de cause à effet, préviennent-ils. De nombreuses études reposent sur le poids déclaré, ce qui complique l'établissement d'un lien de causalité. De plus, il est souvent difficile de déterminer si la perte de poids est due à des efforts volontaires ou à une maladie sous-jacente." Lorsqu’ils ont pris en compte d’autres facteurs, comme des maladies préexistantes ou le vieillissement, les chercheurs ont remarqué que les effets néfastes supposés des régimes yo-yo disparaissaient en grande partie. Ils soulignent que les bienfaits de la perte de poids sur la santé disparaissent lorsque ces kilos sont repris, mais il n’y pas d’aggravation de l’état des individus. "Lorsque le poids revient, le niveau de risque se rapproche d’un niveau antérieur, et non l’inverse, développe Faidon Magkos. Il existe une différence cruciale entre perdre des bénéfices et subir un préjudice."
La perte de poids, même non-durable, est bénéfique
Leurs conclusions ouvrent de nouvelles perspectives, au moment où les médicaments anti-obésité, appelés GLP-1, sont de plus en plus répandus à travers le monde. Si ces traitements peuvent entraîner une perte de poids importante, l’arrêt est généralement suivi d'une reprise de poids. "Ce schéma ne doit pas nécessairement être interprété comme néfaste, estiment les auteurs. Au contraire, une perte de poids intermittente, même non durable, peut procurer des périodes significatives d'amélioration de la santé métabolique et de la qualité de vie." Ils rappellent aussi que la plupart des personnes qui parviennent finalement à une perte de poids durable ont connu plusieurs échecs auparavant. "Les personnes en surpoids ne doivent pas se décourager d'essayer de perdre du poids, même si elles ont du mal à le maintenir sur le long terme, concluent-ils. Les tentatives de perte de poids infructueuses ne sont pas dangereuses, mais abandonner complètement peut l’être."



