- Il existe plusieurs traitements contre les allergies.
- Pour les cas les plus graves, il est possible d'utiliser les biothérapies. Ces médicaments reposent sur des anticorps monoclonaux qui neutralisent les substances produites par le système immunitaire qui déclenchent la réaction allergique.
- Il est recommandé de débuter les traitements en amont de l’exposition à l’allergène.
Face à une allergie, éviter l’exposition à l’allergène est le premier geste à avoir. Toutefois, malgré la plus grande vigilance et le respect des recommandations des professionnels de santé, il n’est pas toujours simple de s’en tenir éloigné. Heureusement, plusieurs traitements permettent de réduire les symptômes gênants, voire de mettre un terme au trouble chronique.
Des traitements en fonction de la gravité de l’allergie
Pour les allergies les moins sévères comme les rhinites et conjonctivites allergiques légères et intermittentes, les patients se voient proposer des traitements symptomatiques. Les collyres soulagent les irritations et démangeaisons oculaires tandis que les sprays nasaux viennent à bout des nez bouchés. Il est aussi possible de se tourner vers les antihistaminiques. Contrairement aux croyances populaires, ces médicaments ne sont pas des anti-allergiques. Ils bloquent la production d’histamine qui est responsable des symptômes allergiques comme le gonflement, les rougeurs, les démangeaisons ou encore les éternuements. Par contre, ils sont sans effet sur l’asthme. Et bien sûr, en cas de choc anaphylactique, il faut sans attendre utiliser un auto-injecteur d'adrénaline et appeler les secours.
"Si l'allergie devient chronique, invalidante ou sévère, il faut passer à des thérapeutiques plus adaptées. C'est là que les allergologues entrent en jeu", explique le Dr Séverine Fernandez de l'Association Allergie France. L’immunothérapie allergénique, plus connue sous le nom de désensibilisation, consiste à exposer le patient à des extraits d'allergènes. Les doses augmentent progressivement sur une longue période (parfois plusieurs années). L'objectif est d'habituer le système immunitaire aux allergènes qui le font réagir, afin de rendre la personne tolérante à la substance.
"Ce traitement est individualisé en fonction des allergies identifiées lors des tests. C’est le seul traitement de fond qui est capable de stopper véritablement une maladie chronique. Son effet va continuer à perdurer pendant plusieurs années, comme une sorte de vaccination", indique l’experte.
En cas d’échec, les patients ont encore une possibilité : les biothérapies. Ces médicaments reposent sur des anticorps monoclonaux (omalizumab, mepolizumab, dupilumab, benralizumab, etc.). Ils sont utilisés face à des allergies sévères comme l’asthme poly-allergique ou la dermatite atopique sévère. Administrés par des injections sous-cutanées sur plusieurs semaines, ils ont une action anti-inflammatoire. Ils parviennent à neutraliser une partie des substances produites par le système immunitaire qui déclenchent la réaction allergique.
"Des études en cours montrent qu'associer la biothérapie et l’immunothérapie allergénique peut avoir un effet extrêmement bénéfique sur les patients", souligne l’allergologue.
"Même quand on pense qu'il n'y a pas d'espoir, il y en a toujours. C’est pourquoi il est important de consulter un médecin", ajoute-t-elle.
Allergie : quand mettre en place les traitements ?
"Pour les allergies respiratoires, nous essayons de débuter les traitements en amont de l’exposition à l’allergène. Par exemple, le cyprès arrivant au mois de février, on va commencer le traitement vers septembre ou octobre. La première année, les gens sont satisfaits en moyenne à 70 %. C'est-à-dire qu'ils affichent une amélioration et il ne reste ainsi plus que 30 % de leurs symptômes. C'est énorme".
L’allergologue ajoute que comme avec l'hypertension ou l'hyperthyroïdie, plus les traitements sont suivis, plus ils sont efficaces. Comme pour toutes les maladies, un faible pourcentage des patients présente une résistance aux traitements prescrits. Toutefois, la Dr Fernandez se montre rassurante. "Dans la plupart des cas, avec une réévaluation par l'allergologue, on finit par parvenir à cibler les bons allergènes. En effet, ce qui est compliqué dans les traitements de nos jours, c'est que les patients ont souvent plusieurs allergies. On doit alors cibler d’abord la plus importante, puis après les autres."
De plus, entre la vigilance constante, les symptômes gênants fréquents et le suivi des traitements, les allergies - comme toutes les maladies chroniques - peuvent avoir un impact important sur le quotidien et par effet domino sur la santé mentale des patients. Ainsi, la spécialiste reconnaît qu’il peut être bénéfique de prendre en compte le retentissement psychologique de la pathologie en se faisant aider par des professionnels de la santé physique.



