- La chaleur pousse le corps à privilégier le refroidissement.
- La digestion produit de la chaleur et devient moins prioritaire.
- Des repas légers et riches en eau aident à mieux supporter la canicule.
Lors des épisodes de canicule comme cette semaine, nous sommes nombreux à ne plus avoir faim ou à être repu après trois bouchées. Cette baisse d’appétit est directement liée aux mécanismes de régulation de la température corporelle. Lorsque le mercure grimpe, l’organisme modifie ses priorités et cherche avant tout à éviter la surchauffe, quitte à reléguer la digestion au second plan.
Un corps programmé pour rester à 37 °C
Pour fonctionner correctement, l'organisme doit maintenir une température interne proche de 37 °C. Cette mission est assurée par l’hypothalamus, le centre de contrôle thermique du cerveau. Comme le souligne Dan Baumgardt, professeur de neurosciences à l’Université de Bristol (Royaume-Uni), dans The Conversation, "si notre température interne devient trop basse ou trop élevée, l’action des enzymes et de nombreuses réactions biochimiques peut ralentir ou cesser de fonctionner correctement".
Pour éviter une hausse excessive de la température corporelle, plusieurs mécanismes se mettent en route : transpiration, dilatation des vaisseaux sanguins de la peau et évacuation de la chaleur vers l’extérieur. Dans ce contexte, manger devient moins prioritaire. Beth Czerwony, diététicienne à la Cleveland Clinic (Etats-Unis), résume ainsi le phénomène : "Nous avons moins faim parce que notre corps ne veut pas surchauffer. Nous mangeons donc moins, ou nous consommons moins de calories, ce qui nous permet de produire moins de chaleur interne."
Digérer produit de la chaleur
La digestion n'est pas une activité passive : elle demande de l'énergie et génère de la chaleur. Après un repas, davantage de sang est normalement dirigé vers le système digestif afin de traiter les nutriments. Mais en période de fortes chaleurs, ce sang est mobilisé ailleurs, notamment vers la peau, pour favoriser le refroidissement. "Une calorie est une mesure de chaleur, rappelle la Dre Allison Childress, nutritionniste à la Texas Tech University (Etats-Unis). Dans un environnement froid, vous devez brûler des calories pour créer de la chaleur dans le corps" – ce que, en cas de canicule, l’organisme cherche précisément à éviter.
D’autres facteurs peuvent entrer en jeu, selon les experts. Certaines études, citées par Dan Baumgardt dans The Conversation, suggèrent que la chaleur pourrait réduire la production de ghréline, l’hormone de la faim, tout en augmentant les hormones associées à la satiété. Mais les mécanismes sous-jacents restent encore mal compris. "La communication entre les processus de thermorégulation du cerveau et de l'estomac pourrait jouer un rôle dans la régulation de la prise alimentaire", indique le Dr Gordon Fisher, de l’Université d’Alabama à Birmingham, aux Etats-Unis.
Déshydratation et bons réflexes
La baisse d'appétit en pleine canicule peut aussi être liée à la déshydratation. En effet, comme la transpiration entraîne une perte d’eau et de minéraux, le cerveau pousse à boire davantage pour prévenir la déshydratation. Cette priorité donnée à l’hydratation peut masquer la sensation de faim.
Pour continuer à bien s’alimenter malgré la chaleur, les spécialistes recommandent de privilégier des repas légers, fractionnés et riches en eau : fruits, légumes, yaourts ou laitages. Les noix, légumineuses, avocats, olives ou céréales permettent aussi de maintenir des apports nutritionnels suffisants, même lorsque l’appétit est en berne.


