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QUESTION D'ACTU

Gaspillage

Pourquoi 7 600 tonnes de médicaments finissent à la poubelle chaque année

Une étude révèle que des milliers de tonnes de médicaments restent inutilisées chaque année en France. Un gaspillage qui coûte plus de 500 millions d'euros et pèse aussi sur l'environnement.

Pourquoi 7 600 tonnes de médicaments finissent à la poubelle chaque année piotr_malczyk / istock




L'ESSENTIEL
  • Plus de 7.675 tonnes de médicaments non utilisés sont détruites chaque année.
  • Le gaspillage représente environ 517 millions d'euros remboursés inutilement.
  • Les autorités veulent adapter les conditionnements et améliorer le suivi des traitements.

Des millions de boîtes de médicaments remboursées ne sont jamais consommées dans le pays. C’est ce que révèle une étude inédite menée par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), l'Assurance maladie et l'organisme Cyclamed. Derrière ce gaspillage se cachent des conséquences économiques et environnementales majeures, mais aussi des pistes d'amélioration.

Pourquoi autant de médicaments restent inutilisés ?

Dévoilée le 24 juin, l'étude PERIMED dresse pour la première fois un portrait détaillé des médicaments non utilisés. Chaque année, 7.675 tonnes de médicaments sont rapportées en pharmacie avant d'être collectées par Cyclamed, puis incinérées et valorisées. Les traitements respiratoires représentent 25 % des retours, devant les médicaments digestifs et du métabolisme (21 %), ceux du système nerveux (21 %) et les traitements cardiovasculaires (13 %). Parmi les produits les plus fréquemment retrouvés figurent les antalgiques comme le paracétamol ou le tramadol, les laxatifs tels que le macrogol et le lactulose, ainsi que les antibiotiques à base d'amoxicilline. Autre enseignement marquant : quatre boîtes sur dix rapportées ne sont pas encore périmées.

Comment expliquer ce gaspillage ? Selon l'ANSM et l'Assurance maladie, plusieurs facteurs se combinent. Certains patients interrompent leur traitement à cause d'effets indésirables, d'une efficacité jugée insuffisante ou parce que leurs symptômes ont disparu. D'autres médicaments sont délivrés "au cas où" et ne sont finalement jamais utilisés.

La taille des conditionnements joue également un rôle important. Des boîtes contenant davantage de comprimés que nécessaire génèrent mécaniquement des surplus. Les autorités soulignent aussi que certaines dates de péremption relativement courtes peuvent conduire à la destruction de produits encore intacts. Dans leur communiqué, l'ANSM et l'Assurance maladie précisent : "Cette proportion illustre le suivi des recommandations de l'ANSM visant à rapporter les médicaments en cours de validité à la fin d'un traitement plutôt que de les stocker sur le long terme ; mais elle souligne également la marge de progression possible, sur les conditionnements notamment, afin de réduire la destruction de produits encore utilisables."

Quelles solutions contre ce gaspillage de médicaments ?

L'impact financier de ce gâchis est considérable. L'étude estime à 517 millions d'euros par an le montant des médicaments remboursés mais finalement non utilisés, dont 278 millions concernent des produits encore non périmés.

Mais l'enjeu est aussi écologique. D'après les données du Shift Project publiées en 2025, la production des médicaments consommés en France génère plus de 9 millions de tonnes de CO2 chaque année. Réduire les surplus permettrait donc de limiter à la fois les dépenses de santé et l'empreinte environnementale du secteur.

Pour y parvenir, plusieurs solutions sont envisagées : adapter les tailles de boîtes aux besoins réels, allonger lorsque c'est possible la durée de conservation de certains produits et mieux accompagner les patients dans le suivi de leurs traitements.

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