- Le cerveau n'arrête jamais de fonctionner, même en vacances.
- Le réseau du mode par défaut, un ensemble de régions cérébrales qui s'activent quand nos pensées vagabondent, favorise la mémorisation et l'apprentissage.
- L'hyperconnexion perturbe la qualité du sommeil, augmente le stress et réduit les capacités d'attention.
Les vacances approchent. L'exigeante routine métro-boulot-dodo va être mise à l’arrêt pour un rythme plus doux. Est-ce que cette pause estivale est bonne pour notre cerveau ? L'Observatoire B2V des mémoires a démêlé le vrai du faux sur les effets des congés sur nos neurones.
Quand on ne fait rien, le cerveau se repose : faux
Les gens fatigués ou stressés entendent souvent ce conseil : pose-toi, ne fais rien, ça reposera ton cerveau. Mais il s’agit d’une idée fausse. Le cerveau ne fait jamais rien en réalité. “Même allongé dans un hamac, les yeux fermés, le cerveau consomme encore près de 20 % de l'énergie totale du corps, soit seulement 5 % de moins que lorsqu’il est mobilisé pour résoudre un problème”, explique l'Observatoire B2V des mémoires.
Pourquoi une telle consommation d’énergie ? Dans le cerveau, un réseau cérébral appelé "réseau du mode par défaut", s'active quand nous n'avons aucune tâche à accomplir et que nous laissons libre cours à nos pensées. "Ce mode est celui de l'introspection, de la synthèse et de la créativité : le cerveau se projette, imagine, relie des connaissances et des souvenirs entre eux. Il joue un rôle capital dans la construction de notre mémoire épisodique et de notre identité", précisent les experts.
Les vacances aident le cerveau à mieux mémoriser : vrai
Le ralentissement du rythme de vie pendant les vacances aide à consolider les acquis, les apprentissages et les souvenirs accumulés au cours de l’année écoulée, confirme l’organisme qui étudie la mémoire sous toutes ses formes.
"Le réseau du mode par défaut, activé pendant les moments de rêverie, est directement connecté à la mémoire autobiographique, celle qui abrite nos connaissances et nos souvenirs personnels, mais aussi aux projets et à la compréhension des autres. En se déconnectant du flot d'informations quotidien, on permet à ce réseau de faire son travail de tri et d'intégration, souvent interrompu le reste de l' année par la surcharge cognitive", ajoute-t-il.
Il faut partir longtemps pour que le cerveau déconnecte vraiment : faux
Il n’est pas nécessaire de faire des kilomètres pendant des jours pour que le cerveau bénéficie des bienfaits des vacances. De nombreuses études ont prouvé que la qualité de la déconnexion comptait bien plus que la durée. Pas besoin donc d’attendre les grandes vacances pour faire du bien à notre cerveau. Il suffit de se programmer de courtes pauses régulières. "Une randonnée, une activité manuelle, ou simplement laisser l’esprit vagabonder dans les transports active le réseau du mode par défaut tout aussi efficacement qu'une escapade lointaine et nous fait prendre un autre rythme", assure l'équipe de l’Observatoire B2V des mémoires.
Le vagabondage mental pendant les beaux jours est bon pour la mémoire : vrai
"Se plonger dans ses pensées est une ressource cognitive sous-estimée", expliquent les experts. "Ces moments sans objectif, où l'on laisse place à la rêverie et à l'imprévu, activent précisément les zones cérébrales impliquées dans la mémoire et la créativité. Ils favorisent la consolidation des souvenirs et l'émergence de nouvelles idées."
Pour favoriser le vagabondage mental, ils préconisent la randonnée, la course et les activités répétitives et apaisantes comme la broderie, le jardinage ou encore le coloriage…
Rester hyperconnecté pendant l’été a un impact sur la mémoire : vrai
Pour bien profiter des bienfaits des vacances, il faut laisser le téléphone, les tablettes et tous les autres appareils dans un tiroir. L’hyperconnexion est en effet néfaste pour notre mémoire, notamment en perturbant la qualité du sommeil, en augmentant le stress ou encore en fragmentant l'attention.
Le fait que les notifications ne concernent pas (ou moins) le travail, ne rend pas la surconsommation d’écrans moins dangereuse pour le cerveau. "(Ce dernier) n'a pas évolué pour traiter le flot constant d'informations que lui imposent les technologies numériques. Lorsque les notifications interrompent en permanence le fonctionnement du réseau du mode par défaut, elles empêchent le cerveau d'effectuer son travail de consolidation et de projection."


