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QUESTION D'ACTU

Hyperémèse gravidique

Nausées extrêmes pendant la grossesse : quels sont les risques ?

Les femmes enceintes ayant des nausées très sévères, ont plus de risques de présenter des complications pendant leur grossesse.

Nausées extrêmes pendant la grossesse : quels sont les risques ? nicoletaionescu/istock




L'ESSENTIEL
  • Les femmes enceintes souffrant d'une forme sévère de nausées présentent des risques accrus de plusieurs complications de grossesse et d'accouchement.
  • Elles ont notamment plus de risque de souffrir d'hypertension gestationnelle, d'accouchement prématuré ou encore de prééclampsie.
  • Pour cette étude, les dossiers de 2,5 millions de naissances ont été analysés.

Plus de 7 femmes enceintes sur 10 ont des nausées, désagréables, certes, mais elles ne mettent pas la vie de la future maman ou de son fœtus en danger. En revanche, 1 à 3 % des grossesses s’accompagnent de nausées et de vomissements très sévères, une affection connue sous le nom d’hyperémèse gravidique.

"L’hyperémèse gravidique n’est pas simplement une forte nausée matinale ; elle est suffisamment grave pour provoquer une déshydratation et une perte de poids importante", explique Rebecca Gardner, auteure principale d’une étude sur ce trouble. Et ce n’est pas tout. La scientifique et ses collègues ont découvert que cette affection est liée à un risque accru de complications pendant la grossesse et l'accouchement.

Hyperémèse gravidique : des risques accrus de complications

Pour évaluer les risques de l’hyperémèse, les chercheurs de l’université de médecine ont repris les dossiers de plus de 2,4 millions de naissances ayant eu lieu en Californie entre 2007 et 2011. 53.681 femmes enceintes, soit 2,2 % avaient été diagnostiquées et prises en charge pour hyperémèse gravidique.

Les analyses ont révélé que ces patientes présentaient un risque plus élevé de prééclampsie, d'hypertension gestationnelle, d'accouchement prématuré (trois semaines ou plus avant la date prévue), de retard de croissance intra-utérine (bébés de petite taille pour leur âge gestationnel), d'anémie (faible taux de fer dans le sang) et de décollement placentaire que les futures mamans qui n’en souffraient pas.

Dans le détail, le risque d’anémie était accru de 37 % par rapport aux autres patientes. Celui d’accoucher prématurément était 25 % plus important. Les femmes souffrant de nausées très sévères étaient 18 % plus susceptibles de développer une prééclampsie et environ 14 % plus à risque de présenter un décollement placentaire.

"L'étude a révélé que les femmes hospitalisées pour la première fois pour une hyperémèse gravidique au cours du deuxième trimestre de grossesse étaient plus susceptibles de présenter des complications que celles hospitalisées au cours du premier trimestre", ajoutent les auteurs dans un communiqué.

"Il ne s'agit pas simplement de surmonter cette épreuve"

L'équipe de cette étude, parue dans American Journal of Epidemiology le 16 juin 2026, espère que les résultats inciteront les médecins et les femmes enceintes à porter une attention plus soutenue à l'hyperémèse gravidique.

"Pour les médecins, je pense que ces données signifient que les grossesses avec hospitalisation pour hyperémèse gravidique pourraient justifier une surveillance plus étroite afin de détecter certaines complications", explique Rebecca Gardner. "Les femmes enceintes doivent savoir que la plupart des grossesses avec hyperémèse gravidique se déroulent sans problème pour la mère et le bébé, mais le trouble doit être pris au sérieux. Il est important de faire valoir ses droits en demandant à son médecin si l'on a besoin d'une surveillance accrue ou de médicaments contre les nausées", ajoute l’experte, précisant ensuite : "Il ne s'agit pas simplement de surmonter cette épreuve."

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