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Imagerie médicale

Le scanner est-il vraiment un facteur de risque de cancer ? 


Aux États-Unis, les examens par scanner pourraient être responsables de 5 % des nouveaux cas de cancer, à cause de leur mauvaise utilisation et d'un dosage inapproprié. 

Le scanner est-il vraiment un facteur de risque de cancer ? 
 peakSTOCK/istock

  • Publié le 19.02.2026 à 12h55
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Le scanner est utilisé depuis les années 1970 pour réaliser des imageries médicales. Cette technique, révolutionnaire à l’époque, repose sur l’utilisation de rayons X à faible dose. Dans la revue spécialisée JAMA, des scientifiques alertent sur les utilisations trop fréquentes ou non-justifiées : l’exposition excessive aux rayons ionisants est un facteur de risque de cancer. 

Une augmentation des cas de cancer liés aux examens par scanner 

Cette équipe, issue d’universités anglaises et américaines, rappelle qu’il s’agit d’un "outil d'imagerie essentiel au diagnostic du cancer et à l'orientation des traitements médicaux". Selon leurs données, l'utilisation de la tomodensitométrie (TDM), l’autre nom du scanner, a augmenté de 30 % depuis 2009, aux États-Unis. "Les doses de rayonnement peuvent varier considérablement, étant parfois supérieures aux doses nécessaires, précisent-ils. (…) Les examens pratiqués sur des personnes en bonne santé peuvent n'offrir qu'un bénéfice clinique limité tout en présentant des risques pour la santé à long terme."

Pour comprendre les liens entre cette technique et le risque de cancer, ils ont modélisé le risque de cancer lié à une exposition aux rayons X, en utilisant les données sur le nombre de scanners réalisés aux Etats-Unis et leur dosage. Ils ont constaté qu'environ 62 millions d'Américains ont subi 93 millions de scanners en 2023. D’après leur analyse, cela pourrait entraîner environ 103.000 nouveaux cancers au cours de la vie de ces patients. "Si les niveaux de dose de rayonnement et les pratiques d'utilisation restent inchangés, les cancers associés à la TDM pourraient représenter à terme 5 % de tous les nouveaux diagnostics de cancer diagnostiqués chaque année aux États-Unis, soit le même pourcentage que les cancers liés à l’alcool", alertent-ils.

Risque de cancer : vers une évolution de l'utilisation du scanner ? 

Ces scientifiques insistent sur l’intérêt de ces examens, lorsqu’ils sont nécessaires. "Il est important de noter que pour chaque patient, ce risque accru est faible et que les bénéfices l'emportent largement sur les risques si l'examen est cliniquement justifié, développe Amy Berrington, de l’Institute of Cancer Research à Londres et co-autrice de cette recherche. Cependant, lorsque des millions de tomodensitométries sont réalisées au sein de la population, ces faibles risques s’accumulent." Avec ses co-auteurs, elle espère que cette recherche permettra soit de réduire le nombre de tomodensitométries à faible valeur ajoutée, c'est-à-dire celles qui sont peu susceptibles d'aider le patient, soit de réduire la dose de rayonnement par examen. "Les tomodensitométries ont transformé la prise en charge des patients, et il est important que les patients continuent de passer ces examens lorsqu'ils y sont invités par leur médecin", prévient Kristian Helin, lui aussi chercheur à l’Institute of Cancer Research et co-auteur.  

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Scanner : une utilisation qui varie selon les pays 

Sur le site de Science Media Centre, différents experts ont réagi aux résultats de cette étude. "Il est particulièrement important de reconnaître le risque accru pour les enfants lié à des expositions injustifiées à la TDM", prévient Lynda Johnson, responsable de l’imagerie clinique au sein de The Society and College of Radiographers, au Royaume-Uni.

Dans le même article, le Dr Doreen Lau, de l'Université Brunel de Londres, précise que les chiffres d’utilisation de cette technique ne sont pas les mêmes selon les pays. Selon elle, le taux de recours au scanner est bien plus élevé aux États-Unis qu’au Royaume-Uni. "Cela signifie que les risques estimés dans cette étude sont probablement beaucoup plus faibles au Royaume-Uni, même si le message concernant un usage approprié reste valable", précise-t-elle.

En France, selon des chiffres de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, la fréquence des actes d’imagerie a diminué de 8 % entre 2017 et 2022, mais la dose moyenne par patient a légèrement augmenté sur la même période. 

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