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6 sur 10 veulent maigrir

Les Françaises sont obsédées par la minceur

Les idéaux de minceur varient d'un pays à l'autre. Les Françaises sont les femmes qui aspirent le plus au monde à la minceur, alors que pour les hommes, ce sont les Uruguyens.

Les Françaises sont obsédées par la minceur PURESTOCK/SIPA

  • Publié 23.10.2013 à 11h58
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L’idéal de minceur est plus fort chez les Françaises que dans les autres pays du monde. Six Françaises sur dix déclarent vouloir perdre du poids, alors qu’aux Philippines, elles ne sont que trois sur dix, en Russie quatre sur dix, selon une enquête publiée par l’Institut national d’études démograhiques (INED). Dans cette comparaison internationale entre treize pays différents, seules les Coréennes ont un idéal de minceur aussi développé, mais elles ont un avantage, cet idéal de minceur correspond déjà à leur corpulence naturelle… La moyenne de leur indice de masse corporelle (IMC) est de 21,8 kg/m2 alors qu’il est à 24 chez nos compatriotes.


6 Françaises sur 10 veulent perdre du poids

Ces chiffres proviennent d’une étude réalisée auprès de 20 000 personnes de plus de 18 ans, vivant dans treize pays et quatre continents différents. Elles ont répondu à un questionnaire sur le poids et la taille. La nouveauté est qu’elles ont aussi dû indiquer leur idéal corporel féminin et masculin sur une échelle constituée par deux jeux de quatre silhouettes, un pour chaque sexe. « Ce qui est intéressant, c’est de s’apercevoir que l’idéal de corpulence n’est pas le même partout, souligne Thibaut de Saint Pol, sociologue à l’Ecole Normale supérieure de Cachan et co-auteur de l’étude. En France, nous avons une pression très forte de la minceur chez les femmes, et nettement moindre chez les hommes. En Irlande ou en Nouvelle Zélande, l’idéal de minceur est assez peu valorisé par les hommes et par les femmes. » La France est après la Corée du Sud le pays où la volonté de perdre du poids est la plus fréquente chez les femmes : six Françaises sur dix déclarent vouloir perdre du poids. 


Ecouter Thibaut de Saint-Pol
, sociologue à l’Ecole normale supérieure de Cachan et co-auteur de l’étude. « Dans certains pays, comme en Corée, la silhouette mince est très valorisée chez les hommes comme chez les femmes ».



Les hommes aussi ont des rêves de minceur. Les champions sont uruguyens. 62% d’entre eux déclarent préférer une sihouette mince, voire très mince, mais ils ont des efforts à faire, leur IMC se situe en moyenne autour de 26 kg/m2. En France, les hommes sont moins préoccupés par leur silhouette. Seulement 37 % déclarent avoir un idéal de minceur. Leur IMC tourne autour de 25 kg/m2. « Contrairement aux Françaises, la corpulence idéale et la réalité sont en concordance chez les Français, constate le sociologue Thibaut de Saint-Pol. Cela se remarque dans les pratiques alimentaires mais aussi dans les salles de sport, lorsqu’on y fait des enquêtes, les femmes déclarent en majorité y aller pour perdre du poids, alors que les hommes y vont en majorité pour se muscler, pour avoir une certaine corpulence. »

Un idéal de minceur variable selon les classes sociales

L’idéal de minceur varie aussi en fonction du niveau socio-culturel. « Quand on essaie de recommander une alimentation bonne pour la santé, dans les milieux sociaux favorisés, le message passe plus facilement, témoigne le sociologue en se référant à d’autres enquêtes. Dans ces catégories, surveiller l’alimentation de son enfant donne l’image d’être « une bonne » mère. Alors que dans milieux moins aisés, les mères veilleront plus à la croissance de leur enfant. En outre, l’alimentation est le domaine où elles vont pouvoir faire plaisir à leurs enfants. »


La femme ronde, un modèle dans l'histoire
Pourquoi les Françaises semblent autant attachées à un idéal de minceur ? Une enquête avait déjà montré que les femmes ayant un poids normal souhaitaient pourtant perdre 5 kg en moyenne (étude Ocha/CSA en 2003)… Pour le sociologue, il y a plusieurs pistes d’explication : l’impact de la mode vestimentaire, une volonté de contrôle pour montrer son dynamisme notamment dans le milieu professionnel, une trop forte intériorisation des normes médicales ou la recherche du corps désirable véhiculée par les médias… « Ce que rappelle surtout notre étude, c’est que les normes de la minceur évoluent, il est possible que dans une centaine d’années elles aient complètement changé, temporise le sociologue. Mais il rappelle néanmoins qu’à travers l’Histoire et les civilisations, l’idéal féminin reste pricipalement celui d’une femme corpulente, avec des rondeurs associées à celles de la maternité. 


Ecouter Thibaut de Saint-Pol,
sociologue à l’Ecole normale supérieure de Cachan et co-auteur de l’étude.« L’idéal corporel féminin reste plutôt celui d’un corps bien en chair, associé à la maternité. »

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