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Agence nationale de sécurité sanitaire

Grossesse : pas de complément alimentaire sans avis médical

L'Anses demande aux femmes enceintes de consulter systématiquement un professionnel de santé avant de recourir aux compléments alimentaires. 

Grossesse : pas de complément alimentaire sans avis médical nata-lunataD/epictura

  • Publié 07.06.2017 à 11h11
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  • Mise à jour le 07.06.2017 à 17h48
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Vitamine D, vitamine B9, iode… La prise de compléments alimentaires n’est pas rare chez les femmes enceintes. Mais l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) invite les Françaises à la prudence vis-à-vis de ces produits. En l’absence d’un suivi médical approprié, les doses quotidiennes peuvent être dépassées et présenter un risque pour le fœtus.

Pour l’Anses, les femmes ne devraient pas prendre de tels compléments sans l’avis d’un professionnel de santé – médecin, pharmacien ou sage-femme. Cet avis est la conséquence de plusieurs signalements d'effets indésirables liés à la prise de compléments alimentaires chez des femmes enceintes.

Cinq nouveau-nés ont présenté une hypercalcémie néonatale et deux une hypothyroïdie congénitale. A chaque fois, la mère a pris de la vitamine D ou de l’iode en supplémentation.

Des apports multiples

Sur le papier, ces compléments alimentaires ont leur utilité. La vitamine D, par exemple, est indiquée en prévention des pré-éclampsies, du diabète gestationnel ou encore des infections. L’iode, lui, est nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes T3 et T4. A chaque fois, les doses quotidiennes recommandées étaient respectées par les femmes.

Les compléments alimentaires ne sont donc pas, à eux seuls, responsables des complications néonatales constatées. Mais l’Anses invite tout de même les femmes enceintes et leurs médecins à la prudence. Car les sources d’apport peuvent se multiplier, particulièrement dans le cas de l’iode. Certains médicaments et des aliments fréquents – comme le sel ou les œufs – contiennent eux aussi cet élément.

Or, un apport excessif en iode augmente le risque d’hypothyroïdie, d’hyperthyroïdie ou de goitre chez le nouveau-né. C’est là qu’interviennent les professionnels de santé : ils doivent assurer le suivi biologique approprié et confirmer qu’aucune autre source ne risque de faire dépasser les seuils recommandés. 

Un dépistage trop rare

L’Agence de sécurité sanitaire pointe aussi un défaut dans les pratiques vis-à-vis de la vitamine D. L’hypercalcémie induite par ce complément alimentaire est rare. Mais une mutation génétique, située sur le gène cyp24A1, est à l’origine d’une hypersensibilité à la vitamine D. Elle aussi très rare, elle reste peu dépistée.

Ce dépistage devrait survenir plus souvent, estime l’Anses, afin de réduire les conséquences pour le fœtus. En effet, en présence d’une hypercalcémie chez la mère, une telle mutation peut être soupçonnée. Ce type d’information permettrait aux médecins de ne pas prescrire de complément alimentaire, ou même de le déconseiller aux patientes.

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