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QUESTION D'ACTU

Structuration de la sexualité

Les vertus de la masturbation

Malgré la « révolution sexuelle », un clivage persiste entre la pratique des hommes et des femmes. La masturbation en est l’éclatante illustration.

Les vertus de la masturbation kotin/pix5

  • Publié 27.05.2016 à 18h38
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La quasi-totalité des hommes dit avoir déjà pratiqué la masturbation, c’est 60 % seulement pour les femmes. Cet onanisme n’entre véritablement dans le répertoire sexuel féminin qu’à l’âge adulte pour celles qui s’y adonnent, même si quelques rares petites filles pourront s’essayer à cette habitude dès le plus jeune âge ( dès 3 ou 4 ans parfois).
«  Entre 18 et 24 ans, une femme sur deux déclare ne s’être jamais encore masturbée, proportion qui tombe à un tiers entre 25 et 49 ans, nous révèle la grande Enquête sur la sexualité en France (1), conduite sous la responsabilité de Nathalie Bajos (Inserm) et Michel Bozon (INED). Dans ce groupe d’âge, une femme sur cinq dit se masturber régulièrement ( souvent ou parfois) ».

Pour les hommes, le chiffre atteint 90 % ! La masturbation est naturelle, le plus souvent dès la puberté. Jusqu’à 40 ans, ils la pratiqueront régulièrement. « 11% des hommes se masturbent une fois par jour ou plus, ajoute le psychiatre et sexologue Philippe Brenot, auteur d’un travail intitulé Les hommes, le sexe et l’amour et du Nouvel éloge de la masturbation (1). C’est un chiffre stupéfiant, ces hommes vivent en couple et font l’amour ».

Pourquoi de telles différences ?

Les hommes ont un sexe externe, ils ont appris à le manipuler très tôt dans leur existence. Avec l’adolescence et l’érotisation du cerveau, ils ont commencé à l’explorer autrement, de manière habituelle et quasi instinctive. « Et puis, ils ont découvert une autre raison non sexuelle de s’y adonner, la masturbation est un anxiolytique puissant,  assure le psychiatre Philippe Brenot. C’est la façon la plus simple de se calmer sans médicament et sans ordonnance ».
Les femmes ayant une « géographie » sexuelle plus difficile d’accès y recourent moins. A cela, s’ajoute l’éducation et la morale qui ancrent très vite dans l’esprit de la jeune fille l’idée que l’autoérotisme est une « sale habitude ».
Malgré 68 et le vent de liberté sexuelle, le message est resté ancré dans l’inconscient féminin. Philippe Brenot invoque une raison plus surprenante : « Comme les jeunes femmes se mettent rapidement en couple, elles sont moins incitées à se caresser toutes seules. Beaucoup pensent aussi que si elles se masturbent, elles auront moins de désir pour leur compagnon, c’est ce qu’elles expriment en consultation ».

Un plaisir licite, normal, pédagogique   

Dans les années 70, William Masters et Virginia Johnson, pionniers de la sexologie humaine, montrent déjà l’importance de la masturbation dans la construction et la structuration de la sexualité. Ils le disent, c’est un acte licite, normal, pédagogique, structurant, efficace, stimulant, tranquillisant, une pratique intime qui aide à une sexualité épanouie.
Ils révèlent une réalité aveuglante et méconnue : les femmes qui ne la pratiquent pas du tout sont plus nombreuses à souffrir de troubles sexuels. En 1976, dans le fameux Rapport Hite qui jouit d’un succès mondial, Shire Hite révèle à son tour que la masturbation chez la femme est l’activité qui lui permet d’atteindre l’orgasme le plus vite et le plus efficacement ( 95% d’orgasmes obtenus en un temps record de 4 minutes).

De l’avantage de commencer tôt

« La masturbation permet de rendre la sexualité plus autonome et de débloquer les verrous physiologiques et psychologiques, affirme Philippe Brenot ». Plus on commence tôt, plus la pratique est répétée, plus la zone génitale est érotisée, plus le plaisir est apprivoisé. Les voies nerveuses préparées, il suffira ensuite d’un effleurement ou d’une caresse, pour que les circuits du plaisir se reforment. « Les mères devraient presque encourager leur adolescente à se caresser dans l’intimité pour devenir de bonnes amoureuses, mais c’est un message difficile à faire passer, déplore le spécialiste ».  

Dans le couple, la masturbation ne diminue pas le plaisir, elle le multiplie. « Une femme qui sait jouir par elle-même, a plus de facilité à jouir en couple, insiste le médecin ». Et quel est l’aphrodisiaque le plus puissant pour un homme ? Le plaisir de sa partenaire ! L’auto-érotisme est donc un cadeau qui fonctionne seul lors de sa pratique solitaire et après, en couple, grâce à la compétence acquise.

Et puis comme disait Woody Allen : « la masturbation, c'est faire l'amour avec quelqu'un qu'on aime vraiment bien ! »

 

 

Dis-moi comment tu te caresses, je te dirai qui tu es

Les hommes sont relativement stéréotypés en la matière, ils regardent le plus souvent des images pornographiques en se frottant la verge. Les femmes ont un répertoire auto-érotique plus diversifié, elles se caressent avec les doigts ou des sex-toys, se frottent contre les draps, se couchent sur le dos ou le ventre, croisent les jambes et les contractent, imaginent un scénario en fermant les yeux, lisent des romans érotiques…

 (1) Enquête CSF 2006

(2) Edition L’esprit du temps

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