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8 500 morts de plus en France

Grippe : la surmortalité touche davantage les seniors

Par la rédaction

Le nombre de décès attribués à la grippe a progressé de près de 20 % cet hiver en France par rapport aux années précédentes. Une hausse due à la nature du virus, plus virulent chez les plus de 65 ans.

PFG/SIPA

Il y a quelques jours, le Pr François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière (Paris), estimait que le virus de la grippe pourrait tuer entre 5 000 et 7 000 personnes d’ici la fin de l’hiver, soit plus du double du nombre habituel de victimes. Avec cette prévision donnée dans une interview au Parisien, ce spécialiste de la grippe était en fait en dessous de la réalité.

En effet, dans son dernier bulletin, l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) estime que depuis le début de l’épidémie de grippe, la mortalité hivernale est supérieure de 19 % à la mortalité attendue calculée à partir des 8 années précédentes, soit un excès estimé à 8 500 décès.
L'Institut explique que « cette augmentation de la mortalité concerne plus particulièrement les personnes de 65 ans ou plus et touche l’ensemble des régions. »

Surmortalité dans toute l'Europe
Ce constat semble même toucher l'ensemble de l'Europe, puisque une élévation de la mortalité toutes causes chez les personnes de 65 ans ou plus a également été observée dans 10 des 16 pays ou régions participant au système européen de surveillance de la mortalité (www.euromomo.eu), révèle l'InVS.
Depuis début 2015, des excès de mortalité sont ainsi observés dans tous les pays d’Europe à façade océanique. Le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, le Portugal, la Belgique et les Pays-Bas étant les plus touchés .
Résultat, à l’échelle de l’Europe, l’excès de mortalité toutes causes confondues est très important et est estimé à 60 000 personnes tous âges confondus. « Cet excès coïncide avec la circulation du virus grippal A(H3N2) à des niveaux épidémiques dans la plupart des pays, mais également avec la survenue d’autres facteurs hivernaux », souligne le communiqué. 

2, 7 millions de cas recensés en France
Enfin, les Français peuvent aussi se rassurer sur l'évolution de l'épidémie en France.  Du 23 février au 1er mars, le taux d'incidence des consultations pour syndromes grippaux calculé à partir des données du Résau unique est de 489 cas pour 100 000 habitants, en baisse depuis le passage du pic il y a quelques semaines. Au final, 2,7 millions de cas ont été recensés en France.