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Les obèses opérés trinquent

Par le Dr Sophie Lemonier

La chirurgie de l’obésité fait des miracles sur le poids, mais le suivi de ces opérés peut réserver une surprise.
Surprise effectivement de se rendre compte que si ce traitement chirurgical de l’obésité  est très efficace sur la perte de poids, il ne serait pas sans effets secondaires : il pourrait favoriser quelques années après l’opération, l’apparition d’une dépendance à l’alcool.

Et la chirurgie de l’obésité est de plus en plus pratiquée.
La chirurgie de l'obésité est en effet de plus en plus souvent réalisée aux Etats -Unis où une personne sur 3 est obèse, mais aussi en Europe. En France une personne sur 15 en souffre. La chirurgie de l’obésité , dite chirurgie bariatrique, qui n’a rien à voir avec une liposucion permet de réduire les apports alimentaires. 36 000 opérations de ce type ont été réalisées en France en 2011. Différentes techniques existent dont l’anneau gastrique ou les systèmes de dérivation dans le tube digestif. C’est donc une méthode durable qu’il faut suivre de très près pour éviter des carences alimentaires en particulier en vitamines.

Une étude conclue que l’anneau gastrique ou les autres opérations pour l’obésité augmenterait le risque de dépendance à l’alcool .
Les chercheurs américains ont suivi 2 400 opérés et regardé à la loupe leur consommation d’alcool. Pendant l’année qui précède l’opération, un peu plus de 7% des patients présentaient une dépendance à l’alcool. Mais 2 ans plus tard, ils étaient près de 10% dans ce cas, soit une augmentation de 50% du risque. Ils étaient considérés comme ayant des problèmes liés à l’alcool si, entre autre, ils étaient incapables de cesser de boire une fois qu'ils avaient commencé, ou encore s’ils avaient des pertes de mémoire liées à leur consommation.

Comment expliquer ces risques de dépendance?
Les auteurs n’expliquent pas très bien le phénomène et évoquent l'hypothèse d'une transformation particulière de l’alcool du fait de la réduction de la taille de l’estomac et des pontages gastriques. Les hommes et les jeunes adultes étaient les plus vulnérables, tout comme ceux qui avaient bénéficié d’un pontage gastrique. 
Cette étude montre que cette méthode très spectaculaire d’amaigrissement n’est pas banale et ne doit être proposée que devant une obésité pathologique. ce n'est pas  une opération de confort. Si elle rend des services importants face aux problèmes de diabète, de cœur ou d’articulation, auxquels sont exposés les obèses , elle ouvre quand même la porte à d’autres pathologies plus bénignes, mais qu’il faut anticiper. C’est à mettre dans le poids de la balance...

 

Référence 

Prevalence of Alcohol Use Disorders Before and After Bariatric Surgery