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Infections, malnutrition, canicule

Record de température en 2014 : quels effets sur la santé

Par Arnaud Aubry

L'impact du réchauffement climatique sur la santé est une problémaitque majeure : la mortalité « augmente de 1 à 4 % lorsque la température croît d'un degré », selon un rapport de la Commission européenne de 2009.

Le réchauffement climatique pourrait favoriser la transmission du paludisme, comme ici au Soudan du sud - SIPANY/SIPA

2014 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis 1880 ! Sur l'année complète, la température moyenne au sol et sur les océans a été 0,69°C au-dessus de celle du XXe siècle, surpassant les précédents records de 2005 et 2010 de 0,04 degré.

Au-delà du record, c'est l'impact sur la santé du réchauffement climatique qui est particulièrement inquiétant. Comme l'expliquait ainsi un rapport de 2009 de la Commission européenne intitulé Les effets du changement climatique sur la santé humaine, animale et végétale : « D'après les analyses d'impact réalisées dans plusieurs pays européens [...], le changement climatique devrait avoir des  effets sur l'épidémiologie de nombreuses maladies et affections. »

Le rapport explique ainsi que dans les pays de l'UE, on estime que la mortalité « augmente de 1 à 4 % lorsque la température croît d'un degré ». Ce qui signifie que la mortalité liée à la chaleur pourrait connaître une hausse de 30 000 décès par an d'ici les années 2030 et de 50 000 à 110 000 décès par an d'ici les années 2080. Seul point positif : dans les zones tempérées, les hivers plus doux permettront de réduire le nombre de décès dus au froid. 

L'OMS indiquait en août 2014 qu'« entre 2030 et 2050, on s’attend à ce que le changement climatique entraîne près de 250 000 décès supplémentaires par an [au niveau mondial, ndlr], dus à la malnutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress lié à la chaleur ».

Effets directs et indirects
Pour comprendre l'origine de ces chiffres, il faut bien imaginer que le changement climatique peut avoir des incidences sur la santé humaine de deux manières différentes. La chaleur a des effets physiologiques directs : il suffit de penser au désastre sanitaire de la canicule de 2005 en France, et se rappeler de cette étude qui prévoit une hausse de 257% des décès causés par la canicule d'ici à 2050. Mais aussi indirectes : la hausse de chaleur peut entraîner la « modification des comportements humains (migration forcée, allongement du temps passé à l'extérieur, etc.), de la transmission accrue de maladies d'origine alimentaire ou vectorielles ou d'autres conséquences du changement climatique comme les inondations », indique encore le rapport de la Commission européenne.

L'OMS, dans un autre communiqué, alerte également sur les effets majeurs du réchauffement climatique sur la santé : « De nombreuses maladies importantes sont hautement sensibles au changement des températures et du régime des précipitations. Ce sont par exemple des maladies à transmission vectorielle courantes comme le paludisme et la dengue ainsi que d’autres grandes tueuses comme la malnutrition et les maladies diarrhéiques. Le changement climatique contribue déjà à alourdir la charge mondiale de morbidité et ce phénomène devrait s’accentuer à l’avenir. »

Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne : les pays les plus pauvres, et qui ont donc les systèmes de santé les moins développés, sont les plus vulnérables aux effets du réchauffement climatique.