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QUESTION D'ACTU

Airpocalypse

Pékin: un pic de pollution 20 fois supérieur aux seuils de l'OMS

Pékin fait face à un nouveau pic de pollution atmosphérique, avec des niveaux record de particules fines. Le phénomène et ses conséquences sanitaires inquiètent les autorités.

Pékin: un pic de pollution 20 fois supérieur aux seuils de l'OMS CHINE NOUVELLE/SIPA

  • Publié 16.01.2015 à 18h33
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A Pékin, l’air est tellement pollué que les véhicules doivent allumer leurs phares en pleine journée. Un nuage toxique, chargé de particules, a englouti la capitale chinoise ce samedi. Depuis, la visibilité est nulle à quelques mètres ; chacun a sorti son masque de protection.

Une précaution qui peut sembler risible, au regard des niveaux de pollution enregistrés. Selon un relevé de l'ambassade américaine, la densité de particules fines dans l’air a atteint le seuil de 568 microgrammes par mètre cube - soit plus de vingt fois le plafond fixé par l’OMS.

Un autre relevé à Pékin, effectué par une station chinoise, fait état d’un niveau encore pire, atteignant 631 microgrammes par mètre cube. Une grande partie du nord du pays est également touchée par ce pic de pollution atmosphérique.

En Chine, cette situation, loin d’être inédite, porte un nom : c’est l’« airpocalypse ». Elle est due, selon les experts, aux émissions de gaz des voitures et à la poussière des nombreux chantiers de la ville. Pour tenter de sortir sa population du brouillard, le gouvernement a annoncé l’interdiction de nouveaux chantiers à partir de mars dans plusieurs domaines (pétrole, acier, ciment, centrale thermique).

Les autorités, prêtes à délocaliser les usines
De fait, face à ce phénomène aux conséquences sanitaires désastreuses, les autorités et les acteurs locaux commencent à s’activer. En novembre dernier, un forum de santé publique s’est tenu à Pékin, organisé par la Fondation de l’Académie de Médecine et le « Chinese Medical Association ». L’une des thématiques du programme portait précisément sur les liens entre santé et environnement.

« J’étais soucieux à l’idée d’évoquer des questions d’environnement ici, en Chine, mais à ma grande surprise, j’ai été très bien accueilli », explique Jean-Marie Dru, président de la Fondation de l’Académie de Médecine, qui a rédigé le programme du forum avec la Chinese Medical Association et son président et ancien ministre de la Santé de 2007 à 2011, le Pr Chen Zhu.

Ecoutez Jean-Marie Dru, président de la Fondation de l’Académie de Médecine : « Il y a eu un virage clair des autorités chinoises. Elles considèrent aujourd'hui que la population doit prendre conscience des enjeux de la pollution. »



De plus, toujours pour Jean-Marie Dru, « le monde entier regarde la Chine et la Chine est très ambitieuse avec une volonté hégémonique de montrer l’exemple dans tous les domaines dont celui de la santé et de l’éducation. Et les autorités seraient donc prêtes à aller très loin, jusqu’à délocaliser leurs usines…»

Usines fermées , ciel dégagé
En même temps que se tenait le forum franco-chinois de la Fondation de l’Académie de Médecine, avait lieu l’APEC, le sommet de Coopération Economique d’Asie-Pacifique qui a réuni 21 chefs d’état d’Asie-Pacifique dont Barack Obama. Et pour se montrer aux grands de ce monde sous son meilleur visage, les autorités chinoises avaient transformé Pékin en ville morte : arrêt de toutes ses usines, vacances pour l’administration et les écoles, trafic automobile divisé par deux. Résultat : le ciel s’est enfin découvert, ciel bleu azur et air cristallin… Du jamais vu depuis les Jeux Olympiques de 2008 !

Génération sacrifiée

Mais en attendant des mesures concrètes, Pékin doit encore vivre dans cette purée de pois. Le forum franco-chinois était ouvert aussi aux étudiants en médecine, pharmacie et sciences , qui ont pu s’exprimer. Pour Tredilin, 25 ans, l’espoir fait vivre. Cette étudiante en 3ème année de pharmacie veut croire qu'à l'image des grandes villes polluées au début du XXe siècle, Pékin saura réctifier le tir. Mais d'ici là, elle a conscience d'appartenir à une génération sacrifiée.

Ecoutez une étudiante chinoise en pharmacie : « Peut-être sommes-nous une génération sacrifiée... Mais, nous sommes confiants, la Chine va réduire son niveau de pollution. »

 

 

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