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Record mondial

Décès dus à la pollution : l'Inde passe devant la Chine

Avec 620 000 morts par an, l'Inde enregistre le taux de mortalité lié à des maladies respiratoires le plus élevé au monde. La faute essentiellement à la pollution atmosphérique causée par le trafic.

Décès dus à la pollution : l'Inde passe devant la Chine Altaf Qadri/AP/SIPA

  • Publié 29.01.2014 à 19h04
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On les appelle « airpocalypses », ces épisodes où le niveau de pollution d'une ville est 27 fois plus élevé que le plafond préconisé par l’Organisation mondiale de la santé pour une exposition de 24 heures. Et bien souvent, c'est la Chine, avec sa capitale Pékin, qui est frappé par ce phénomène loin d'être anodin pour la santé. Mais aujourd'hui, un autre pays inquiète encore davantage que l'empire du Milieu. L'Inde vient en effet de décrocher récemment le triste record du nombre de décès lié aux maladies respiratoires. Un constat terrible pour ce pays fait par le Yale Center for Environmental Law and Policy, et relayé ce mercredi par Le Monde.


L'air de New Delhi plus nocif que celui de Pékin
Avec 620 000 morts par an, l'Inde enregistre le taux de mortalité lié à des maladies respiratoires le plus élevé au monde. Et même si plusieurs villes indiennes sont touchées (Calcutta, Bombay et Bangalore), c'est à New Delhi, la capitale, que la situation est la plus préoccupante. L'air de la ville de près de 250 000 habitants serait désormais plus nocif que celui de Pékin, avec des concentrations en particules fines qui explosent.
Un risque d'autant plus important que ces particules fines sont particulièrement nocives pour l'organisme, car elles progressent jusqu'au bout des voies respiratoires, et atteignent les alvéoles puis entraînent des maladies pulmonaires. « Nous assistons à une recrudescence de patients souffrant de troubles cardio-vasculaires ou respiratoires », s'inquiète ainsi dans Le Monde J. N. Pande, un pneumologue installé à New Delhi.


Les basses températures augmentent le risque

Par ailleurs, dans un article du New York Times publié le 25 janvier, d'autres experts mondiaux de l'environnement s'alarment de la mauvaise qualité de l'air de Delhi qui serait particulièrement dangereux pendant l'hiver. « A cette saison, il n'y a pas de vent pour chasser les fines particules qui se concentrent sous l'effet des basses températures », a confié au magazine américain Anumita Roychowdhury, la directrice exécutive du Centre pour la science et l'environnement (CSE).
Pour exemple, depuis le début de l'année et de l'hiver, les concentrations de particules fines (PM2,5), particulièrement nocives, seraient jusqu'à 25 fois supérieures à la limite recommandée par l'OMS.
Et face à ce constat, un autre constat dramatique est posé par les scientifiques. Cette pollution atmosphérique frappe d'abord les plus pauvres, pour qui les soins coûtent trop cher. Leur système immunitaire est d'ailleurs souvent plus déficient que le reste de la population en raison de la malnutrition.
Enfin, à cela s'ajoute pour les plus démunis, la pollution de l'air intérieur importante en Inde. La combustion du bois largement utilisée pour la cuisson augmente par exemple les risques de mortalité par maladies respiratoires.

Une tiers des enfants de Delhi souffre de problèmes respiratoires
En outre, selon une étude menée en 2011 par l'Institut national Chittaranjan de recherche sur le cancer, un tiers des enfants de Delhi souffre de problèmes respiratoires, de troubles de la concentration et de carences en vitamine D à cause de la pollution atmosphérique, classée en 2013 par l'OMS comme « cancérogène avéré pour l'homme ». Ces enfants plus vulnérables à la pollution sont aussi victimes de ce fléau en Chine, où une jeune Chinoise de 8 ans a développé un cancer du poumon. Il s'agit de la plus jeune patiente du pays touchée par cette maladie.

Pour rappel, avec près de 1 400 véhicules vendus chaque jour, qui s'ajoutent aux 4 millions déjà en circulation dans New Dehli, le trafic est à l'origine de 72 % de la pollution atmosphérique de la capitale, selon le ministère indien de l'environnement et des forêts. Pourtant, malgré une hausse de la pollution constante au cours de ces dix dernières années, aucune mesure visant à réduire le trafic routier, même en cas de pic de pollution, ne semble envisagée par les autorités indiennes.

 

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