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Officines en galeries, vente sur le net...

Médicaments : Leclerc relance la bataille

Par Julian Prial

Le monopole des pharmaciens a été préservé par la loi Macron. En riposte, E.Leclerc propose aux officines de s'installer dans ses galeries pour profiter de son image de prix bas et de loyers attractifs.

PRM/SIPA

Certains supermarchés réclamaient la possibilité de commercialiser des médicaments sans ordonnance dans leurs parapharmacies. Le gouvernement a tranché en faveur du monopole des pharmaciens. Une bataille de perdue pour Michel-Edouard Leclerc, le PDG de l’enseigne E.Leclerc. Mais ce dernier ne s'avoue pas vaincu puisqu'il a expliqué récemment sur France Inter sa nouvelle stratégie pour réussir à vendre des médicaments.

Des médicaments en ligne sur un site Leclerc

Tout d'abord, Michel-Edouard Leclerc veut explorer d’autres voies en commençant par Internet. Puisque la vente des médicaments sur le web est légale il a déclaré sur les ondes : « Nous aussi, nous allons faire un site Internet pour vendre des médicaments comme l'a été autorisé le site Internet du groupe Lagardère (Doctipharma) qui vient d’obtenir un agrément pour vendre 3 000 médicaments sans ordonnance. »
Pour rappel, dans les faits, DoctiPharma propose une solution qui permet aux pharmaciens de créer leur officine en ligne et donne accès à ces sites sur la plateforme DoctiPharma.

Des officines indépendantes dans les galeries Leclerc 
Autre voie explorée par le PDG de Leclerc, celle du rachat d'une pharmacie ou de l'association avec des pharmaciens. Et selon lui, de nombreux propriétaires d'officine sont intéressés. « Actuellement, nous sommes très courtisés par des jeunes pharmaciens qui ne veulent pas payer les fonds de commerce très élevés de leurs aînés et qui se disent qu’à travers nous, ils pourraient exercer leur métier. »
Le patron s'adresse donc également aux candidats à l'installation qui trouvent trop élevées les sommes exigées par les pharmaciens proches de la retraite pour leur céder leur fonds de commerce. Lui, leur propose une alternative en leur permettant de s'installer à moindre coût. Il serait même prêt à leur concéder des loyers peu élevés pour qu'ils vendent des médicaments à prix doux. Ces derniers bénéficieraient bien sûr de l'attractivité des galeries Leclerc, très fréquentées.

Des règles d'installation strictes
Ce dernier se heurtera néanmoins aux règles qui régissent l'autorisation d'implanter une officine de pharmacie dans une commune. Celle-ci dépend en fait du nombre d'habitants. La création d'une nouvelle pharmacie étant exceptionnelle, l'implantation se fait principalement par transfert d'une pharmacie d'une commune à une autre ou par regroupement de pharmacies existantes. Tout transfert, regroupement ou création de pharmacies est soumis à la délivrance d'une licence par l'agence régionale de santé (ARS).

Enfin, Michel-Edouard Leclerc persiste et signe à penser qu'intedire la vente des médicaments sans ordonnance dans ses parapharmacies est une injustice. « Nous avons 250 parapharmacies dans les centres E.Leclerc. Ils ont à leur tête des docteurs en pharmacies et avouez que, quand même, pour respecter les hommes, les statuts et la spécificité de la fonction de pharmacien, ce serait quand même mieux que ce soit eux qui vendent des médicaments ! », a-t-il conclu sur France Inter.