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QUESTION D'ACTU

Projet de loi santé

Médicaments en grande surface : le gouvernement recule

Certains supermarchés réclamaient la possibilité de vendre des médicaments sans ordonnance. Le gouvernement a tranché en faveur du monopole des pharmaciens. 

Médicaments en grande surface : le gouvernement recule Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, VILLARD/SIPA

  • Publié 17.10.2014 à 17h33
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« On ne mettra pas des médicaments (...) en grande surface (...) parce qu'aujourd'hui on ne manque pas de pharmacies, les prix ne sont pas excessifs (...) et ensuite parce qu'il y a une sensibilité forte que j'ai pu mesurer dans mes contacts sur la sécurité sanitaire », a déclaré le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, ce jeudi sur France Inter. Et ce dernier d'ajouter que « l'idée que des médicaments, même non prescrits, puissent être vendus en supermarché, c'est un peu une atteinte au modèle de société auquel les Français tiennent. »

Conclusion, le patron de Bercy a décidé que les pharmaciens garderont le monopole sur la vente de médicaments. C'est donc une fin de non-recevoir pour Michel-Edouard Leclerc, qui espérait vendre des médicaments sans ordonnance (OTC) dans ses magasins. Une victoire pour Gilles Bonnefond, Président de l'Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine (USPO) qui se réjouit de ces annonces.

Pas de patchs nicotiniques chez le buraliste 

Contacté par Pourquoidocteur, il rappelle tout d'abord que tous les sujets santé (dont ceux relatifs à la pharmacie) se retrouvent désormais dans le projet de loi santé de Marisol Touraine. « Une bonne chose », selon lui. Mais la meilleure nouvelle pour ce pharmacien reste l'échec du passage des médicaments en grande surface. « M. Leclerc a encore échoué », glisse-t-il un brin malicieux. « C'est fini. L'affaire est terminée. La ministre de la Santé a tenu sa parole. Elle qui a souvent répété qu'elle y était défavorable », a-t-il précisé. 

Sur une autre annonce de la ministre qui avait dit qu'elle envisageait d'enlever le statut de médicament à certains produits, là encore Gilles Bonnefond pense que le projet est abandonné. Cette mesure qui visait notamment les pastilles Valda (pour la gorge sèche ou irritée), ou les dentifrices de pharmacie était « saugrenue » pour ce pharmacien.

« Quand on a un dosage en fluor très important, ces dentifrices sont une recommandation européenne. Si ces produits ont un statut de médicament, c'est qu'il existe une base scientifique légale qui fait que c'est un médicament. »
« Pire encore, concernant les patchs nicotiniques qui devaient être bientôt vendus chez les buralistes. Je pense qu'on était dans le délire total. Tous ceux qui connaissent le monde du médicament sont plutôt là pour augmenter la sécurité plutôt que pour baisser la garde. Les autorisations de mise sur le marché ne sont pas des gadgets », insiste-t-il.
 

Pas d'investisseurs étrangers dans le capital de la pharmacie

Par ailleurs, Gilles Bonnefond se réjouit que les investisseurs extérieurs ne puissent rentrer dans le capital des pharmacies, et modifier ainsi les règles d’installation sur le territoire. « Le projet est là aussi abandonné malgré la pression des grossistes-répartiteurs », glisse-t-il. « Il n'y aura donc pas de financiarisation de la santé. Cela aurait pu avoir comme conséquence la fermeture de nombreuses officines », tient-il à rappeler.

Enfin, le président de l'USPO souligne que la pétition qui circule en ce moment en pharmacie a déjà recueillli 2 500 000 signatures. « Avec cette signature la personne apporte son soutien à sa pharmacie de proximité indépendante du pouvoir financier. Et les pouvoirs publics ont compris que la population française y était très attachée », conclut-il.

Ecoutez Gille Bonnefond, président de l'USPO : « Avoir une pharmacie à côté de chez soi, et ne pas avancer les frais pour ses médicaments fait partie de la cohésion sociale. Surtout pour ceux qui ont des difficultés financières. »



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