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Etude sur 6 000 personnes

L'obésité liée au stress augmente les risques cardiaques

Par Julian Prial

Des personnes avec un génotype particulier ont des hanches plus larges à cause de leur anxiété. Selon cette étude, cette obésité liée à un stress quotidien augmente le risque de maladies cardiaques.

Francis Dean/REX/REX/SIPA
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Comment le stress accélère la prise de poids ? C'est la question à laquelle ont voulu répondre des chercheurs américains en analysant de nombreuses variations génétiques chez des individus (étude d'association pangénomique). 6 000 personnes ont participé à la cohorte Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA) sur l'athérosclérose. Avec des résultats pour le moins étonnants publiés dans l'European Journal of Human Genetics et relayés par le site santelog.


EBF : le gène de l'obésité et du stress
L’équipe a tout d'abord identifié la corrélation entre des niveaux déclarés élevés de stress chronique et l'augmentation de l'obésité centrale.
Pour comprendre, ces scientifiques ont mené une analyse génomique. Celle-ci a montré ensuite une forte relation des variantes identifiées dans un gène particulier, EBF, et la circonférence des hanches, le tout en fonction des niveaux de stress psychosocial chronique.
Plus inquiétant encore, « cette susceptibilité génétique, le stress psychosocial et les facteurs métaboliques agissent en combinaison pour augmenter le risque de maladie cardiovasculaires », indique le Pr Elizabeth Hauser du Duke Molecular Physiology Institute (Durham, Caroline du Nord), et auteure principale de l’étude. 
Petite précision de cette chercheuse, ce risque est « curieusement limité aux participants blancs », mais a été confirmé ensuite grâce aux données d’une seconde étude menée parallèlement sur une autre cohorte : la Framingham Offspring cohort.

Le stress augmente aussi le risque de diabète 
Par ailleurs, cette étude suggère aussi qu'en pratique, une partie des sujets enclins à l'anxiété et à la dépression, le sont tout autant à la prise de poids En cas d’exposition dans la vie à un stress chronique ils vont en plus développer plus que les autres un diabète. Une conjonction de risques relativement fréquente puisqu’elle concernerait, selon les auteurs, 13 % de la population étudiée.

En conclusion, ces chercheurs indiquent que les implications cliniques de leurs résultats sont évidentes. Parmi elles, la détection éventuelle de ce génotype de susceptibilité et l’intervention ciblée de réduction du stress, régime alimentaire et exercice, pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires.
Enfin, reste à identifier les nombreux autres facteurs génétiques possibles et sans doute spécifiques aux différentes origines ethniques afin de « mieux comprendre comment ces facteurs influencent l'accumulation centrale  de graisse et l'augmentation des niveaux de glucose dans le sang chez les personnes exposées au stress de la vie », concluent les auteurs.