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Selon Marisol Touraine

Fluocaril et les pastilles Valda bientôt en grand surface ?

Par la rédaction

Pas d’ouverture du monopole pharmaceutique, mais une révision du statut de certains médicaments. C’est ce qu’a préconisé la ministre de la Santé.

VILLARD/SIPA
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Les médicaments en ventre libre pourront-ils un jour être délivrés en grande surface ? Marisol Touraine a rappelé sa position avec fermeté, ce 26 septembre, sur l’antenne de RMC. La ministre de la Santé défend le monopole des pharmaciens en la matière mais reconnaît que des changements sont nécessaires.
« Je ne suis pas favorable à la vente de médicaments dans les grandes surfaces, a-t-elle martelé. Ma position est qu’il ne faut pas banaliser les médicaments. » La ministre se place aux côtés des pharmaciens depuis l’annonce d’une réforme des professions réglementées. Preuve de la complexité du dossier : les ministères de l’Economie et de la Santé ont entamé des discussions sur le sujet. Les pharmaciens sont eux aussi appelés à participer au débat : une concertation, ouverte conjointement par les deux portefeuilles pour une durée de deux semaines, devrait récolter leurs opinions.

 

« Un nettoyage de la liste des médicaments »

Pour autant, Marisol Touraine ne préconise pas l’immobilisme. Elle reconnaît que des évolutions sont nécessaires et propose des mesures concrètes sur l’automédication : « Que l’on regarde s’il y a des produits qui ont besoin encore aujourd’hui d’être appelés médicaments, je crois que c’est utile », a précisé la ministre sur RMC. « Est-ce qu’il est nécessaire que le Fluocaril soit vendu uniquement en pharmacie ? Je pense que non. » Elle prend aussi l’exemple des pastilles Valda. Comme le dentifrice, ce produit est inscrit à la longue liste des médicaments autorisés en accès direct par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

 

La ministre de la Santé préconise « un nettoyage de la liste des médicaments. » Elle est en effet conséquente : s’y côtoient pêle-mêle les crèmes destinées à traiter les troubles cutanés (herpès, acné…), les produits traitant les troubles rhumatologiques, de la sphère ORL ou encore bucco-dentaires, mais aussi les comprimés antalgiques (paracétamol, ibuprofène…) et certains substituts nicotiniques. Par ricochet, l’autorisation de certains « médicaments en accès libre » devrait aussi booster les ventes liées à l’automédication. Dans ce domaine, la France est plus qu’en retard, selon l’Afipa, qui représente les industriels proposant des produits disponibles en vente libre dans les officines.

Si certains doivent rester des médicaments, car ils nécessitent le conseil d’un professionnel de santé, d’autres devraient pouvoir être vendus en dehors des officines, estime Marisol Touraine. Le monopole sur les pastilles pour la gorge et autres dentifrices est donc menacé, ce qui n’est pas le cas du paracétamol, emblème de la vente de médicaments en grande surface.