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Implants mammaires

Les ruptures de prothèses PIP plus nombreuses que prévues

Le taux de rupture de ces prothèses a été largement sous-évalué. Une étude britannique parle de 16 à 34% au lieu des 5% estimés.

Les ruptures de prothèses PIP plus nombreuses que prévues Lionel Cironneau/AP/SIPA

  • Publié 19.04.2012 à 06h00
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Quelle est la véritable probabilité qu’une prothèse PIP se rompe ? Selon les dernières estimations, les taux de rupture rapportés étaient en moyenne de 5%. Dans cette nouvelle étude britannique réalisée par deux chirurgiens plasticiens sur 453 de leurs patientes, le bilan est bien plus élevé. Leur taux de rupture oscille entre 16 et 34% pour des prothèses mammaires PIP, « vieilles » de 7 à 12 ans.

Un détail qui a son importance, lorsque l’on sait que les chirurgiens et les fabricants s’accordent à dire que la durée de vie d’un implant mammaire, quel que soit sa marque, est limitée à une dizaine d’années. Au-delà, ils finissent en général par se rompre s’ils ne sont pas remplacés.

 

Nathalie Bricout, chirurgien plasticien à Paris et spécialiste des implants mammaires: « 30% ? Avec les prothèses de Jean Claude Mas, je m’attends à un taux de rupture encore plus élevé. »


 

Dans cette étude, les médecins ont analysé l’état des implants PIP par échographie, une technique qui permet une bonne détection des ruptures de l’enveloppe externe de la prothèse. Ce qui conduit à se poser la question de la surveillance radiologique en France. Est-elle à la hauteur pour les femmes porteuses de prothèses PIP, ou même de prothèses mammaires sans histoire ? Même si la plupart des radiologues disposent aujourd’hui de matériel de dernière génération, il y a toujours des centres moins bien équipés.

 

Nathalie Bricout : « Tout dépend où l’on effectue sa mammographie, dans certains centres, cela peut arriver de passer à côté d’une rupture d’implant. »

 

En France, depuis décembre 2011, le gouvernement a recommandé aux 30 000 femmes porteuses d’implants mammaires PIP de se les faire retirer, non seulement à cause de leur fragilité et donc du risque de rupture plus important que la normale, mais aussi en raison du pouvoir irritant du gel de silicone « maison » utilisé par la société varoise pendant plusieurs années.

Dans le dernier bilan des autorités sanitaires françaises sur le dossier PIP, à la mi-février, 1986 ruptures de prothèses avaient déjà été recensées. Pour la moitié d’entre elles, il s’agissait d’implants récents, de moins de cinq ans. Contrairement à la France, les autorités britanniques n’ont jamais recommandé le retrait général des implants aux 47.000 femmes porteuses de PIP. Cette nouvelle étude, britannique de surcroît, au-delà d’attirer l’attention, permettra peut-être de faire changer la position britannique.

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