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Epidémie en Afrique

Ebola : un risque de propagation internationale pour l'OMS

Par Julian Prial

Les décès liés au virus Ebola ne cessent d'augmenter en Afrique de l’Ouest. L'OMS appelle désormais à prendre des mesures drastiques contre l’épidémie, et appelle les Etats à collaborer davantage.

MSF a envoyé des équipes spécialisées en Sierra Leone (MSF/AP/SIPA)
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Le bulletin publié ce mercredi par l'Institut de veille sanitaire (InVS) est clair. L'épidémie liée au virus Ebola qui sévit actuellement en Afrique est la plus importante jamais enregistré sur ce continent en termes de nombre de cas, de décès rapportés (599 cas et 338 décès), et du nombre de foyers actifs. 

La Guinée reste le pays le plus touché
C'est la Guinée, là où tout a commencé en mai 2014, qui paye pour le moment le plus lourd tribut face à cette épidémie. Au 25 juin 2014, le bilan épidémiologique fait état là-bas de 390 cas dont au moins 260 ont fait l’objet d’une confirmation biologique. Parmi ces cas, 270 sont décédés. La létalité (nombre de personnes qui, ayant contracté une maladie, meurent de cette maladie) observée du virus Ebola est de 69,2 % en « Guinée-Conakry », précise aussi l'InVS.
Deuxième pays le plus touché par le virus, la Sierra Léone, avec 158 cas, dont 147 confirmés biologiquement. 34 décès ont par ailleurs été rapportés dans cinq districts du pays. Et des cas ont été rapportés dans la capitale Freetown.
Enfin, dernier pays touché, le Libéria. Là-bas, le bilan épidémiologique fait état de 51 cas (dont au moins 34 confirmés biologiquement). Parmi ces cas, 34 sont décédés.

L'OMS n'a toujours pas émis de restrictions de voyage 
Face à ce bilan, l’Organisation Mondiale de la Santé n’a à ce jour, pas émis de restrictions de voyage à destination de ces pays. « Seules quelques mesures de prévention doivent être rappelées », a précisé l'Organisation. « Les personnes amenées à prendre en charge des patients atteints de la maladie doivent notamment éviter le contact avec le sang, les tissus ou les liquides biologiques de personnes/animaux infectés », rappelle-t-elle régulièrement.

L'OMS convoque une réunion à 11 Etats début juillet
Sauf qu'aujourd'hui le ton a clairement changé du côté de l'OMS. L’Organisation mondiale de la santé a appelé ce jeudi à prendre des « mesures drastiques » contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Elle tiendra ainsi début juillet à Accra (Ghana) une réunion avec 11 pays concernés. « L’OMS est vivement préoccupée par la transmission en cours de l’épidémie aux pays voisins, ainsi que par le potentiel de propagation internationale ultérieure du virus Ebola », a déclaré le Dr Luis Sambo, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, cité dans le communiqué.
« Il ne s’agit plus d’une épidémie spécifique à un pays mais d’une crise sous-régionale qui requiert une action ferme des gouvernements et des partenaires», a souligné par ailleurs le Dr Sambo.
Parmi les premières pistes annoncées, l'OMS recommande « d'impérativement intensifier les efforts de riposte, promouvoir la collaboration transfrontalière et le partage d’informations sur les cas suspects et les contacts, conformément aux lignes directrices de l’OMS, et mobiliser tous les secteurs de la communauté afin de garantir un accès sans entrave aux zones affectées. C’est de cette manière que l’on pourra enrayer efficacement l’épidémie», conclut l'Organisation.