ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Enfant malade : vers le don de jours de congés entre collègues

Enfant malade : vers le don de jours de congés entre collègues

Par Cécile Coumau

Donner ses jours de RTT à un collègue pour lui permettre de rester aux côtés de son enfant malade devrait devenir légal. En effet, comme l'indiquent les quotidiens La Croix et Le Parisien, le Sénat doit examiner aujourd'hui un texte légalisant ces élans de solidarité. Déjà votée par l'Assemblée nationale en janvier 2012, la proposition de loi attendait toujours de passer au Sénat.


A l'origine de cette proposition de loi se trouve une belle histoire. Celle de Christophe Germain dont le fils Mathys s'est battu pendant quatre ans contre un cancer du foie. Pour l'accompagner lors de ses chimiothérapies et d'une transplantation hépatique, « Christophe Germain, salarié de l’entreprise Badoit de Saint-Galmier (Loire), avait reçu en cadeau de ses collègues 170 jours de RTT, raconte Emmanuelle Lucas, la journaliste de La Croix. Il a pu passer ce temps précieux avec son fils pendant ses soins, puis lors de son hospitalisation à domicile, au cours des derniers mois de sa vie ». Mais ce bel élan de solidarité se heurte parfois à une hiérarchie tatillonne. Un policier n'a, par exemple, pas pu bénéficier des 190 jours de RTT que ses collègues lui offraient parce que l'administration s'y opposait.


Pour éviter ce genre de situation, le député Paul Salen a rédigé une proposition de loi. Si elle est adoptée au Sénat, les parents d'un enfant malade de moins de 20 ans - avec un certificat médical attestant de sa gravité - pourront recevoir en toute légalité ce cadeau de leurs collègues. Ce « cadeau » sera lui aussi réglementé : les généreux collègues ne pourront céder « que » leur 5e semaine de congés payés et/ou leurs RTT. Ils devront donc conserver 5 semaines de vacances.

A l'heure où l'on dénonce les côtés individualistes de notre société, où le monde du travail est surtout présenté sous son aspect destructeur, cette proposition de loi a de quoi rassurer. Cette disposition ne devrait certes concerner qu'environ 1 500 familles qui ont un enfant gravement malade, mais « c'est un projet simple qui ne coûte rien, ni à l'entreprise, ni à la société, et c'est un quand même un beau geste ! », s'enthousiasme la sénatrice UMP Catherine Deroche, qui présentera le texte.