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Les cigarettiers lancent les "produits à risque réduit"

Par Cécile Coumau

L'explosion du marché de l'e-cigarette suscite des jalousies. Les cigarettiers n'ont pas l'intention de se laisser tailler des croupières pendant trop longtemps. Les grandes firmes du tabac ont donc décidé de réagir. Japan Tobacco International est le premier à lancer en France, ce mardi, une nouvelle façon de consommer du tabac, nous apprennent Le Monde et le Figaro. « Ploom », créée par une start-up californienne, ressemble à une cigarette électronique, mais contrairement à ses concurrentes, elle utilise du tabac et pas de liquide à base de nicotine. C'est donc un produit du tabac qui se vend chez les buralistes, comme la bonne vieille « clope ». « L’équipement, qui se recharge via une clé USB, est vendu 33,90 euros, le pack de douze capsules coûtant 6 euros. Chacun représente l’équivalent de 24 cigarettes. À titre de comparaison, le paquet de 20 Camel est vendu 6,90 euros, celui de Winston, 6,50 euros », nous apprend le Figaro.


Moins chère qu'une cigarette, novatrice, avec son système de capsule de tabac, élégante, Ploom est sans doute un beau produit marketing. Mais, en termes de santé, quel est son intérêt ? C'est un « produit à risque réduit », affirment les cigarettiers, mais là aussi, s'agit-il seulement d'un argument marketing ? « Les capsules sont chauffées, non brûlées, et donc, a priori, moins nocives que les cigarettes », écrit Ivan Letessier, le journaliste du Figaro. Le système alimente un vaporisateur. Pour les médecins, la combustion du tabac – qui caractérise la cigarette traditionnelle – est en effet l'un des éléments qui la rende extrêmement nocive. « Les principaux poisons produits par la combustion du tabac et contenus dans sa fumée sont le monoxyde de carbone, ou CO, responsable d’infarctus du myocarde et d’attaques cérébrales, les goudrons cancérigènes, et les particules fines aboutissant à des bronchites chroniques obstructives », écrivaient les 100 médecins dans leur appel en faveur de la cigarette électronique lancé en novembre dernier.


Le danger que peut représenter la vapeur – bien moindre que celui de la combustion – reste cependant flou. Une étude présentée en congrès au mois de janvier semblait indiquer que la vapeur de l'e-cigarette entraînait la croissance des cellules cancéreuses et qu'elle pourrait donc favoriser un cancer du poumon chez les personnes à haut risque. Mais il ne s'agissait que d'une recherche in vitro. Par ailleurs, la question récurrente sur la cigarette électronique se repose avec Ploom : favorise-t-elle l'entrée dans le tabac chez les jeunes ? Pour le moment, la question reste sans réponse.


Les médecins vont devoir se pencher sur la nouvelle venue, l'étudier sous toutes les coutures pour évaluer sa dangerosité potentielle. D'autant que toutes les grandes firmes du tabac ont dans leurs cartons des « produits à risque réduit ».