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QUESTION D'ACTU

Vidéosurveillance, renfort de policiers...

Les hôpitaux réclament un plan anti-violence

Le président de la FHF va demander jeudi à Manuel Valls la mise en place d'un plan antiviolence à l'hôpital. Vidéosurveillance, collaboration avec la police, ces pistes divisent les médecins.

Les hôpitaux réclament un plan anti-violence DAMOURETTE/SIPA

  • Publié 05.03.2014 à 07h00
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Insultes, menaces, agressions physiques, coups de feu, parfois, c'est dans ce cadre violent qu'évoluent de plus en plus d'hospitaliers en France. Pour tenter de lutter contre cette violence à l'hôpital, les dirigeants de la Fédération hospitalière de France (FHF) rencontrent ce jeudi en fin de journée le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.
Interrogé dans Le Parisien lundi à ce sujet, le président de la FHF, Frédéric Valletoux, souhaite profiter de cette rencontre pour rappeler au gouvernement qu'en 2012, le rapport de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (Onvs), a recensé plus de 11 000 signalements d’atteintes aux biens et aux personnes dans 352 établissements de santé (à 92 % publics). Et parmi ces signalements, 8083 concernaient des atteintes aux personnes, « dont 7 860 hospitaliers, victimes de violence. »
Face à ces chiffres, le président de la FHF déplore que les actes de violence « ne cessent d'augmenter et que beaucoup sont passés sous silence. » Pour toutes ces raisons, il compte demander sans attendre au ministre en chargé de la sécurité des Français, « un plan d'actions national contre la violence à l'hôpital. »


Une simplification des plaintes qui fait l'unanimité

En détails, La FHF souhaite tout d'abord obtenir une simplification des dépôts de plaintes pour les hospitaliers victimes d'agression. « Près de 80 % des événements violents à l'hôpital ne donnent lieu à aucun signalement », regrettait dans le quotidien régional Frédéric Valletoux.
« Cette proposition est bonne. Il s'agit néanmoins d'une vieille demande syndicale que nous soutenons fortement depuis des années », confie un brin agacé le Dr Christophe Prudhomme contacté par la rédaction de pourquoidocteur. Ce médecin urgentiste, porte-parole des médecins urgentistes au sein de l'AMUF (1), raconte que jusqu'à une période récente, « l'hospitalier agressé devait aller lui-même au commissariat pour déposer sa plainte. Seul et sans aucun accompagnement de la part de la direction de l'hôpital », précise-t-il.

Ainsi, l'urgentiste souhaiterait que les directions d'hôpitaux, en lien avec la police, trouvent une solution pour que ces dépôts de plainte soient facilités. « L'idéal est que la procédure soit la plus rapide possible et qu'elle se fasse sur le lieu de travail de la personne agressée », pense ce médecin. 

Ecoutez le Dr Chistophe Prudhomme, porte-parole de l'AMUF : « On souhaite que la direction de l'hôpital soutienne encore davantage la personne qui a été agressée, en collaboration avec la police...»


Des aides financières pour les hôpitaux qui développent la vidéosurveillance?

Par ailleurs, la FHF compte plaider demain auprès de l'Etat pour qu'il finance encore davantage l'installation de la vidéosurveillance à l'hôpital. « Avec pourquoi pas des aides financières pour les hôpitaux qui souhaitent s'équiper de ce dispositif. » 
Cette proposition est accueillie positivement par les médecins de l'AMUF.  « Si c'est pour sécuriser davantage l'enceinte de l'hôpital pourquoi pas », indique le Dr Christophe Prudhomme. Cependant, ce dernier reste sceptique quant à la véritable utilisation de la vidéosurveillance : « Dans certains établissements de santé, nous sommes en conflit avec la direction de l'hôpital qui se sert de la vidéosurveillance pour espionner le personnel médical...» 

Ecoutez le Dr Chistophe Prudhomme : « Concernant la vidéosurveillance, il faut savoir à quoi elle sert réellement et dans quel service on l'installe. Cela pour éviter toutes polémiques ...» 


La FHP demande des renfors de police dans les hôpitaux

Par ailleurs, le président de la Fédération dit vouloir « impulser une grande ligne nationale » contre les violences à l'hôpital, cela en rapprochant la police et les personnels hospitaliers. « Nous souhaitons désormais un cadre national qui permette de déployer une stratégie contre l'insécurité », insiste-t-il. Il faut « encourager les personnels hospitaliers à travailler avec la police. » Mais jusqu'à où ?
Et concernant cette épineuse question des forces de police dans les hôpitaux, Frédéric Valletoux a déjà pris clairement position sur le sujet lors de l' agression en août dernier d'un infirmer du service des urgences de l'Hôpital de la Conception (Marseille). Dans un communiqué de presse de la FHF publié à cette date il écrivait : « L’hôpital se doit d’assurer la sécurité de ses agents, mais il ne peut dans certains cas le faire seul. C’est pourquoi la FHF demande aux ministres concernés de prendre toutes mesures pour que la sécurité des agents soit assurée sur les sites les plus sensibles, par le renforcement des forces  de police quand cela s’avère nécessaire. »

Mais pour le Dr Christophe Prudhomme cette proposition est la pire de toutes. « Nous pensons au sein de l'AMUF que la présence de forces de l'ordre ne va pas améliorer la sécurité aux urgences, bien au contraire. Face à des individus très excités et souvent alcoolisés, cette présence risque même de faire monter le degré de violence (...). »

L'AMUF propose un circuit "sécurisé isolé" pour les patients les plus à risque
D'ailleurs, sur ce sujet, ces urgentistes ont une idée très précise de ce qu'il faudrait faire : « On milite pour une adaptation des locaux, dans laquelle les individus les plus à risque seraient pris en charge via un circuit sécurisé et isolé. Une unité à part qui devra être équipée d'un système de vidéosurveillance », explique Christophe Prudhomme.
Ce spécialiste des questions liées aux services d'urgences plaide également pour la mise en place d'un appel réflexe simplifié à destination des forces de police. « Avec un bouton poussoir, on pourrait faire écouter en instantané ce qu'il se passe dans nos locaux. Lorsqu'une situation est suspecte, les policiers pourraient grâce à ce système intervenir au plus vite dès que la situation empire », conclut-il.

(1) Association des Médecins Urgentistes de France

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