- En France, 45 % de la population est touchée par au moins un trouble du sommeil, selon un récent sondage.
- Selon une étude, la transplantation de microbiote fécal peut améliorer la qualité et la continuité du sommeil.
- "Cibler le microbiote intestinal pourrait constituer une nouvelle stratégie thérapeutique prometteuse contre l'insomnie chronique."
Avaler des bactéries en gélule pour mieux dormir ? Publiée dans le Journal of Internal Medicine, une nouvelle étude clinique suggère qu’en agissant sur le microbiote intestinal, composé de milliards de micro-organismes, on pourrait améliorer durablement le sommeil des personnes souffrant d'insomnie chronique. Pour ce faire, les chercheurs de l'Université de Pékin ont évalué une stratégie originale, qui s’est avérée efficace : la transplantation de microbiote fécal (FMT). Cette technique consiste à administrer, sous forme de gélules, des micro-organismes provenant de donneurs en bonne santé afin de rééquilibrer la flore intestinale.
Une approche innovante contre l'insomnie
L'essai clinique randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, a inclus 80 adultes souffrant d'insomnie chronique. Quarante participants ont reçu un traitement associant une courte antibiothérapie suivie de capsules contenant un microbiote de donneur, tandis que les 40 autres ont reçu un placebo. Résultat, comme anticipé : un mois après le traitement, les chercheurs ont observé une amélioration significative de "l'efficacité du sommeil" chez les participants ayant ingéré les capsules. Mesurée par polysomnographie, cette efficacité a progressé de près de 14 points par rapport au groupe placebo. Les réveils nocturnes ont également diminué, selon un communiqué.
Mais les bénéfices ne se sont pas limités aux mesures objectives. Les questionnaires remplis par les participants, notamment l'Insomnia Severity Index et le Pittsburgh Sleep Quality Index, montrent une amélioration durable de la qualité du sommeil entre deux et six mois après le traitement. Quant aux effets indésirables rapportés, ils sont restés légers et transitoires, sans événement grave.
En parallèle, les analyses ont montré que le traitement augmentait la richesse et la diversité du microbiote intestinal, ce qui vient renforcer l'hypothèse d'un lien étroit entre intestin et cerveau, déjà largement documenté par la littérature scientifique. La composition initiale du microbiote pourrait d'ailleurs expliquer, selon les chercheurs, pourquoi certains patients répondent mieux que d'autres au traitement.
Le microbiote, un acteur du sommeil ?
Ce n'est pas la première fois qu'une étude clinique montre à quel point les milliards de bactéries de notre tube digestif influencent la qualité de notre sommeil. Cette nouvelle recherche confirme que "cibler le microbiote intestinal pourrait constituer une nouvelle stratégie thérapeutique prometteuse contre l'insomnie chronique", affirme Yanping Bao, chercheuse à l'Université de Pékin et coautrice des travaux. Sans compter que cela "renforce également notre compréhension de l'axe intestin-cerveau comme régulateur important du sommeil humain". Les auteurs appellent à poursuivre les recherches afin de confirmer ces résultats sur un plus grand nombre de patients.
En France, 45 % de la population est touchée par au moins un trouble du sommeil (insomnie, apnée du sommeil, cauchemars, syndrome des jambes sans repos…), selon un récent sondage OpinionWay pour INVS.



