- Lors de précédents travaux menés sur des souris, des chercheurs avaient mis en avant que les expériences régulières favorisaient le développement des neurones.
- Dans une nouvelle étude, ils montrent que les enfants les plus confrontés à un environnement instable avaient davantage de risques de souffrir de problèmes de santé mentale.
- Et ce, même s’ils n’avaient pas subi d'évènements difficiles ou traumatisants durant cette période.
Et si la routine était bonne pour la santé mentale des plus jeunes ? Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Mental Health, les enfants qui grandissent dans un environnement instable ont plus de risque de souffrir de dépression, d'anxiété, de troubles du sommeil ou d’autres problèmes de santé mentale.
Un lien entre l’instabilité et la santé mentale chez les souris…
Les chercheurs de l’Université de Californie, à Irvine, aux États-Unis, travaillent depuis longtemps sur cette question. Dans de précédents travaux menés sur des animaux, ils avaient déjà établi un lien entre l’instabilité et la santé mentale.
“Ce que nous avons découvert chez les souris de laboratoire, c'est que le développement optimal du cerveau dépend de schémas d'expériences réguliers, qui favorisent la maturation des connexions neuronales”, souligne le Tallie Z. Baram, l’une des auteures de cette nouvelle étude, dans un communiqué.
Dans cette nouvelle étude, les scientifiques ont voulu confirmer leurs résultats chez les humains. Pour cela, ils ont suivi près de 30.000 enfants pris en charge dans centres de soins pédiatriques. Entre 2021 et 2024, ils ont intégré aux dépistages classiques un questionnaire évaluant le degré d'imprévisibilité auquel les enfants étaient confrontés.
….confirmé chez les enfants
Résultats : les enfants les plus confrontés à un environnement instable avaient davantage de risques de souffrir de dépression, d'anxiété, de troubles du sommeil ou d’autres problèmes de santé mentale. Et ce, même s’ils n’avaient pas subi d'évènements difficiles ou traumatisants durant cette période. Autrement dit, même si tout le reste allait bien, l’instabilité pouvait impacter leur santé mentale.
“Les connexions cérébrales des enfants impliquées dans le bien-être, la perception des menaces et le sentiment de sécurité tirent bénéfice d'expériences répétées et prévisibles, insiste Tallie Z. Baram. Cette étude montre que ces principes ne concernent pas seulement la recherche en neurosciences : ils s'appliquent aussi à la vie quotidienne des enfants et des familles, quels que soient leur milieu social. (...). Pour les parents, il ne s'agit pas de créer un foyer parfait. L'essentiel est de reconnaître l'importance de la stabilité. De petites routines et des habitudes prévisibles au quotidien peuvent favoriser un développement sain de l’enfant.”



