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QUESTION D'ACTU

L'alerte de l'Académie de médecine

Imagerie : la pénurie de technétium va pénaliser des milliers de patients

L'Académie de médecine s'inquiète d'une pénurie inquiétante de technétium. Ce radio-élément, parfois non substituable, est utilisé pour 75 % des scintigraphies.

Imagerie : la pénurie de technétium va pénaliser des milliers de patients Capture d'écran, vidéo YouTube

  • Publié 24.02.2014 à 18h47
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« C'est une pénurie inquiétante pour la santé publique. » Tel est le constat fait ce lundi par l'Académie nationale de médecine qui s'inquiète d'un risque de pénurie de technétium 99, ce élément radioactif utilisé en médecine nucléaire pour la majorité des examens de scintigraphies (oncologie, cardiologie, neurologie...). Une pénurie annoncée pour 2015 et aux conséquences désastreuses pour la santé des patients, selon les académiciens.

Utilisé dans 75 % des scintigraphies
Selon l'Académie nationale de médecine, actuellement, le technétium 99 est utilisé dans 75 % des scintigraphies, une technique d’imagerie médicale simple et indolore utilisée pour faire un diagnostic.
Aujourd'hui, la production mondiale de ce radioélément est assurée par neuf sites dont le réacteur Osiris du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) qui couvre 10 % à 12 % de la demande mondiale. Tous ont plus de 43 ans d'âge (Osiris date de 1965) et sont régulièrement arrêtés.
Résultat, si rien n'est fait, l'Académie nationale de médecine annonce une pénurie qui pourrait survenir en 2015 – 2020, avec une période "critique" de 2016 à 2018. 
En effet, ces médecins souligent que l'autorisation du réacteur Osiris court jusqu'en 2015 et la construction du réacteur Jules Horovitz de Cadarache (Bouches-du-Rhône) a pris du retard. Il ne sera opérationnel qu'en 2018-20. De plus, le réacteur belge (BR2) sera en maintenance 18 mois en 2015-16 et le canadien (NRU) sera arrêté en octobre 2016.


Un produit non substituable dans de nombreuses indications
Et cette pénurie est inquiétante pour la santé publique, selon les académiciens. Car « comme l’ont rappelé plusieurs Sociétés savantes, notamment celles de médecine nucléaire, de pédiatrie et de rhumatologie, une pénurie durable de technétium rend impossible certaines indications majeures. » Pour six d'entre elles, « aucune substitution n'est possible » précise l'Académie. 
Parmi elles, la détection du ganglion sentinelle, pratiquement systématique lors du traitement chirurgical de patientes atteintes de cancer du sein. Ce qui représente environ 55 000 examens par an. Ici, l’enjeu est d’éviter un curage ganglionnaire inutile et souvent invalidant.
Autre substitution impossible, celle qui concerne tous les patients ayant une contre-indication aux produits de contraste radiologiques, notamment les patients diabétiques atteints d’insuffisance rénale ou traités par la Metformine.

Des dizaines de milliers de patients privés d'examens ?
Par ailleurs, d'autres examens sont en théorie substituables, en particulier par des tomographies à émission de positons (TEP) au fluorure de sodium. Mais rien que pour les scintigraphies osseuses utilisées pour dépister des métastases des cancers mammaires ou prostatiques, cela représente environ 4 200 examens supplémentaires à répartir sur 118 appareils qui en réalisent en moyenne 2 500 actuellement. A ce titre, l'Académie souligne le fait que s'ajoute une différence de coût très importante, de l'ordre de 150 millions d'euros par an. 
Enfin, pour les "scintigraphies cardiaques", la substitution avec du Thallium 201 est possible, « mais elle engendrerait elle aussi une augmentation des coûts et une augmentation de la dose de rayonnement reçue par les patients  », confie le Pr André Aurengo, chef du service de médecine nucléaire à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), contacté par pourquoidocteur
Pour toutes ces raisons, l'Académie estime qu'une pénurie « priverait d'examens des dizaines de milliers de patients. » Elle interpelle les pouvoirs publics pour qu'ils la préviennent « au plus vite », conclut-elle.


Ecoutez le Pr André Aurengo, membre de l’Académie de médecine : « Un certain nombre d'examens ne seraient tout simplement plus possibles...»

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