- La dermatophilose est une maladie de peau observée chez les chevaux et les vaches. Quelques cas de contaminations animal/humain ont été observés chez des humains travaillant auprès des animaux.
- Pour la première fois, des cas de contaminations interhumaines ont été enregistrés. Les médecins pensent que le mode de propagation a été les rapports sexuels.
- Tous les patients ont été guéris avec des antibiotiques.
La dermatophilose, aussi surnommée la "gale de la boue", est bien connue des vétérinaires. Causée par la bactérie Dermatophilus congolensis qui apprécie les milieux humides, elle provoque des lésions cutanées chez les chevaux et aux bovins. Si de rares cas de transmission entre un animal contaminé et des humains travaillant à leurs côtés (fermiers, palefreniers, vétérinaires) ont déjà été observés, les médecins espagnols et français s’inquiètent après avoir observé des cas à Lyon, Paris et Barcelone chez des personnes ne côtoyant pas les animaux. Leurs investigations suggèrent une possible transmission interhumaine via des contacts sexuels.
Gale de la boue : des transmissions dans un sauna gay ?
Le Parisien - qui a révélé l'information - rapporte que la bactérie responsable de cette infection de la peau a été observée en Espagne et en France. Une "quarantaine de cas" se concentre sur la région lyonnaise. Les patients présentaient des lésions sur le corps. Il s’agissait principalement de rougeurs, de papules, de croûtes et d’éruptions cutanées. Elles étaient le plus souvent localisées au niveau des parties génitales, des cuisses, de l’aine, parfois de la barbe ou de la région anale.
Les analyses ont révélé la présence de la bactérie Dermatophilus congolensis. Les patients ont assuré n’avoir pas eu de contact avec du bétail, des animaux de la ferme ou des chevaux. En revanche, l’enquête des médecins laisse entrevoir une possible transmission par voie sexuelle. Ce qui n’avait jamais été observé jusqu’à présent.
"Sept des neuf patients lyonnais avaient fréquenté un même sauna gay dans les jours précédant l’apparition des symptômes. Un autre patient a rapporté des rencontres multiples dans divers établissements parisiens", a expliqué Dr Maxime Bonjour, médecin au pôle maladies infectieuses et tropicales du CHU de Lyon, auteur d’un article scientifique paru dans la revue Emerging Infectious Diseases en juin 2026.
Dermatophilose : pas de crainte d'épidémies humaines majeures
Les chercheurs ont déterminé que la période d'incubation variait de 3 à 14 jours. Si ces cas interpellent les professionnels de santé, une information est encourageante : tous les patients ont pu être soignés grâce à des antibiotiques en une dizaine de jours et aucun n’a connu de rechute.
Les experts ne craignent pas de grandes épidémies, toutefois ils appellent à la vigilance : "l'évolution des pratiques sexuelles à l'ère de la prophylaxie pré-exposition au VIH pourrait conduire à l'émergence de nouvelles dermatoses transmissibles. Les microbiologistes doivent s'assurer que D. congolensis est inclus dans les bibliothèques spectrales de référence, être en mesure de reconnaître ses colonies dans le contexte d'une infection cutanée et de signaler son identification aux cliniciens".


