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Après une chirurgie

Une prise de sang pour repérer les crises cardiaques silencieuses

Par la rédaction

Après une chirurgie non cardiaque, le malade risque de faire une crise cardiaque. Mais, dans 85% des cas, il n'y a pas de symptômes. Mesurer le taux de troponine dans le sang permettrait de les repérer.  

20 MINUTES/SIPA

Après une opération chirurgicale, le malade a un risque d’avoir un accident cardiaque. Globalement, chaque année, plus de 8 millions d'adultes ont un problème cardiaque après une chirurgie autre que sur le cœur, et 10 % de ces patients décèdent dans les 30 jours.
Pour éviter ces risques, le malade reste hospitalisé et suivi. Mais, une étude a révélé que seulement 15 % des personnes opérées ont les signes annonciateurs d’accident du myocarde tels que les douleurs dans la poitrine, le cou et les bras, les essoufflements… « La plupart des personnes opérées qui souffrent ensuite d'un problème cardiaque, le feront dans les 48 premières heures après la chirurgie », a rapporté le Dr Philip J. Devereaux, cardiologue et épidémiologiste à l'hôpital Juravinski Cancer Centre à Hamilton dans l’Ontario (Canada) et auteur principal d’une étude publiée dans la revue de la société américaine d’anesthésie. « Or pendant cette période, la plupart de ces patients prennent des médicaments contre la douleur, qui peuvent masquer les symptômes d'une lésion cardiaque grave ».

Pour repérer les personnes à risque, les médecins ont réalisé chez 15 000 adultes un test sanguin qui mesure le taux de troponine, une protéine spécifique du cœur qui est libérée dans le sang lorsque le muscle cardiaque est blessé. Le test était réalisé dans les trois jours suivant l’opération. Les patients avec un taux élevé de troponine ont eu un électrocardiogramme (ECG) qui permettait ensuite d'évaluer les dégâts sur le cœur.
C’est ce travail qui a permis de constater que 85 % des personnes qui avaient des problèmes cardiaques ne ressentaient pas les symptômes habituels. Et sans surveillance des taux de concentration de troponine dans le sang, les médecins seraient passés à côté d’une crise cardiaque.
Les auteurs de l’étude concluent que ce suivi « facile » de la troponine chez les malades opérés ouvre la possibilité de tester de nouvelles interventions pour atténuer ou réduire les lésions du myocarde détectées et réduire ainsi la mortalité péri-opératoire.