- Les nouveaux scanners permettent de diagnostiquer les cancers plus rapidement et avec plus de précision.
- La numérisation facilite le travail des médecins et réduit les erreurs.
- L’intelligence artificielle ouvre aussi la voie à une médecine plus personnalisée.
A l’hôpital du Mans comme au CHU d’Angers, une petite révolution est en marche. Grâce à de nouveaux scanners capables de numériser des centaines d’échantillons de tissus chaque jour, les médecins gagnent un temps précieux dans le diagnostic des cancers. Une technologie qui pourrait transformer la prise en charge des patients.
Du temps gagné dans le diagnostic des cancers
Depuis le 24 mars, l’hôpital du Mans utilise un scanner P1000, un équipement à 1,15 million d’euros capable d’analyser quotidiennement jusqu’à 600 prélèvements. Concrètement, un bras mécanique manipule des lames de verre contenant des tissus humains, les numérise et les rend accessibles sur ordinateur. Une technicienne du laboratoire, Tana, interrogée par Radio France décrit : "Avec une pince, ce bras prend des lames en verre […] et les pose sur une sorte de microscope, qui prend une photo et scanne". Résultat : un gain de temps estimé à 20 % dans le diagnostic des cancers, avec jusqu’à deux heures économisées par jour pour les équipes. Moins de manipulations signifie aussi moins d’erreurs, comme les pertes ou les cassures d’échantillons.
Pour les experts, cette numérisation change tout. La médecin pathologiste Armelle Foulet-Rogé explique : "Jusque-là, on prenait une lame, on l'enlevait, on en prenait une autre, de lymphocyte B, puis celle de lymphocyte T, etc. Il fallait se souvenir de chaque lame, pour analyser le prélèvement global. Là, grâce à la numérisation, on peut avoir toutes les lames sur un écran […] et comparer". Une vision globale qui était jusqu’ici impossible avec un microscope classique.
Au CHU d’Angers, quatre scanners similaires, financés notamment par l’Agence régionale de Santé et la Ligue contre le Cancer 49, permettent désormais d’envoyer directement les images dans les dossiers patients. "On est désormais sûr que les lames vont dans le bon dossier", souligne la professeure Marie-Christine Copin, cheffe du service Pathologie cellulaire à Angers, au micro d’Oxygène Radio.
Augmenter de 5 % la détection des cancers de la prostate
Ces nouvelles technologies ouvrent aussi la voie à l’intelligence artificielle. Comme l’indique Justine Wacquet, pathologiste au Mans, à Radio France, "des outils IA peuvent nous mettre en rouge toute une zone […] pour signaler la présence de cellules cancéreuses". C’est donc une aide précieuse, même si les médecins restent indispensables pour valider les diagnostics. L’intérêt serait ensuite d’améliorer la précision des soins. Notamment pour le cancer de la prostate, selon le professeur Pierre Bigot, du CHU d’Angers : "On va pouvoir savoir si le cancer est resté […] et [s’il] est agressif". Une information clé pour adapter les traitements.
A Angers, un projet d’échographe ultra-sensible est également en cours. Selon le professeur Souhil Lebdai, cet outil pourrait augmenter de 5 % la détection des cancers de la prostate. "C’est très important […] afin de ne pas méconnaître une éventuelle progression du cancer", insiste-t-il auprès d’Oxygène Radio. A terme, toutes ces images alimenteront des bases de données massives, permettant à l’IA de prédire l’évolution des maladies.




