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Grossesse

Quel régime alimentaire pour les femmes enceintes ?

Manger quatre œufs par jour ou éviter totalement le sucre pendant la grossesse : certains conseils prodigués aux femmes enceintes ne font pas consensus. Les experts rappellent qu’aucune règle stricte ne remplace une alimentation équilibrée.

Quel régime alimentaire pour les femmes enceintes ? diignat / istock




L'ESSENTIEL
  • L’alimentation pendant la grossesse influence la santé du bébé, mais sans déterminisme absolu.
  • Certaines recommandations populaires manquent encore de preuves scientifiques solides.
  • Une alimentation équilibrée reste la stratégie la plus sûre.

Et si ce que vous mangez pendant la grossesse pouvait tout changer pour votre futur enfant ? C’est la promesse avancée par l’influenceuse Jessie Inchauspé, biochimiste de formation, dans son nouveau livre 9 mois qui comptent pour la vie : Comment votre alimentation pendant la grossesse joue sur le futur de votre enfant (éd. Robert Laffont). Mais derrière ces conseils qui en séduiraient plus d’un, les experts appellent à la prudence et rappellent les bases d’une alimentation équilibrée.

Des preuves scientifiques encore limitées

Connue sous le nom de "Glucose Goddess" sur les réseaux, Jessie Inchauspé recommande notamment d’éviter les pics de glycémie, d’augmenter les protéines ou encore de consommer jusqu’à quatre œufs par jour. Selon elle, l’alimentation maternelle pourrait "programmer" le bébé via des mécanismes épigénétiques et influencer sa santé future : diabète, allergies, "dépendance au sucre" ou encore santé mentale. Elle affirme toutefois parler en termes de probabilités : "Je ne dis pas que l’on peut contrôler l’apparition d’allergies ou d’autres maladies". Une approche qui séduit un large public, mais qui ne fait pas consensus parmi les scientifiques.

Plusieurs spécialistes interrogés par l’AFP dénoncent un discours "inexact" voire "alarmiste". Marion Lecorguillé, chercheuse à l’Inserm, souligne que "l’impact de l’alimentation pendant la grossesse reste à approfondir scientifiquement", notamment concernant la santé mentale ou les allergies. Même prudence sur l’épigénétique : "On ne sait pas encore concrètement quel est l’impact clinique", précise-t-elle. Si des liens existent avec certaines maladies métaboliques, ils ne relèvent pas d’un déterminisme individuel. Le Pr Olivier Morel et la Pre Delphine Mitanchez rappellent, de leur côté, qu’"il n’y a pas de preuve" solide justifiant ces recommandations spécifiques. Une alimentation variée suffirait à couvrir les besoins.

Durant la grossesse, mangez équilibré !

Les recommandations officielles de l’Assurance Maladie insistent sur un principe simple : diversité et équilibre. Il est conseillé de consommer cinq fruits et légumes par jour, des protéines quotidiennes, des produits laitiers et des féculents à chaque repas. Concrètement, une journée type peut inclure un petit-déjeuner complet avec un produit laitier, un fruit et des céréales, suivi d’un déjeuner associant légumes, féculents et protéines (viande, poisson ou œufs), puis d’un dîner plus léger mais équilibré. Une collation peut aussi être ajoutée à partir du deuxième trimestre pour éviter les fringales.

Les besoins augmentent au fil de la grossesse, notamment en fer, calcium et vitamines. L’Assurance Maladie rappelle que "l’apport énergétique ne doit pas être inférieur à 1 600 kcal/jour", sous peine d’impacter la croissance du fœtus. Les folates (vitamine B9), essentiels au développement du système nerveux du bébé, sont présents dans les légumes verts, les légumineuses ou encore les fruits à coque, mais nécessitent souvent une supplémentation prescrite. Le calcium, indispensable à la formation du squelette, se trouve principalement dans les produits laitiers, tandis que la vitamine D, apportée par l’exposition au soleil et certains poissons gras, facilite son absorption. Le fer, crucial pour éviter l’anémie, est présent dans la viande, le poisson et les légumes secs.

Attention également à certains excès ou carences. L’alcool est bien sûr totalement proscrit, certains poissons riches en mercure sont à éviter, et la prise de compléments doit rester encadrée médicalement.

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