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«Ma fille est malade à cause de moi» : un premier «papa Dépakine» porte plainte

Quatre mois après avoir annoncé qu’il allait porter plainte contre le laboratoire Sanofi, qui a développé la Dépakine, antiépileptique qu’il a pris avant la naissance de sa fille présentant désormais plusieurs problèmes de santé, Jean-Marc Laurent a saisi la justice.

\ iStock/Michail_Petrov-96




L'ESSENTIEL
  • Jean-Marc Laurent est intimement convaincu que plusieurs handicaps neurodéveloppementaux de sa fille sont liés à la Dépakine, antiépileptique qu’il avait pris avant la grossesse de sa femme.
  • Le "papa Dépakine" est le premier à déposer plainte contre X pour "tromperie aggravée", "mise en danger d’autrui", "administration de substance nuisible", "blessures involontaires" et "non-signalement d’effet indésirable."
  • Son objectif est que "cette culpabilité, qui me touche moi et d'autres pères, change de camp."

Fin novembre dernier, Jean-Marc Laurent avait déclaré, au micro d’ICI Gironde, vouloir attaquer l'entreprise pharmaceutique Sanofi. Le Bordelais est un des premiers pères à avoir associé la prise de la Dépakine, un médicament prescrit contre l’épilepsie, chez les papas et des problèmes de santé des enfants. Le "papa Dépakine" a fait cette corrélation, car sa fille, qui a été conçu après la prise du traitement, présente aujourd’hui plusieurs handicaps neurodéveloppementaux (dysphasie, dyspraxie, troubles scolaires). Ce lien, pointé du doigt par le lanceur d’alerte, a été mis en évidence par une étude relayée par l’Assurance Maladie et l’ANSM. Cette recherche, portant sur 2,8 millions d’enfants français nés entre 2020 et 2015, signale "une augmentation de 24 % risque de troubles neurodéveloppementaux, en particulier du trouble du développement intellectuel, chez les enfants dont le père a été traité par valproate dans les quatre mois précédant leur conception."

Dépakine : le père d'une fille handicapée, ayant pris le traitement, porte plainte contre X

Après que cette étude ait confirmé sa conviction, Jean-Marc Laurent a annoncé, au micro de France Inter ce 18 mars, avoir déposé plainte contre X pour "tromperie aggravée", "mise en danger d’autrui", "administration de substance nuisible", "blessures involontaires" et "non-signalement d’effet indésirable". "Ma fille est malade à cause de moi. (…) Tous les jours, quand je vois Margot, je suis atteint. Il y a une cicatrice qui ne se referme pas", a souligné, auprès du Monde, le père de famille. "Je traîne cette culpabilité depuis des années, je me dis que c'est à cause de moi. Il faut que cette culpabilité, qui me touche moi et d'autres pères, change de camp", et devrait aller vers "ceux qui font le médicament", et qui "n'ont peut-être pas alerté suffisamment tôt. J'attends que d'autres pères prennent la parole et peut-être déposent plainte. Je veux montrer qu'il ne faut pas avoir peur de soulever des montagnes."

Avec cette plainte, le Bordelais espère faire reconnaître le lien entre la Dépakine qu’il prenait et les multiples problèmes de santé de sa fille, notamment pour avoir accès au fonds d’indemnisation des victimes mis en place par l’État. Son autre souhait ? "Aboutir à un pardon" de la part de personnes qui commercialisent le médicament et "qui s'enrichissent."

Des mesures mises en place pour limiter l’exposition au valproate

Pour éviter tout risque de troubles neurodéveloppementaux, les autorités sanitaires ont rappelé, fin 2025, les mesures de limitation de l’exposition au valproate (Dépakine, Micropakine et génériques). "En France, la prescription initiale de valproate et de ses dérivés est réservée depuis le 6 janvier 2025 aux neurologues, psychiatres et pédiatres pour les adolescents et les hommes susceptibles d’avoir des enfants. La dispensation de valproate en pharmacie est quant à elle conditionnée par la présentation d’une attestation d’information partagée cosignée par le médecin et le patient. Ceci vaut pour les initiations de traitement depuis le 6 janvier et également pour les renouvellements depuis le 30 juin dernier."

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