- En France, près de 70 % des personnes concernées ne participent pas au dépistage du cancer colorectal.
- Le test de dépistage du cancer colorectal est recommandé pour les femmes et les hommes de 50 à 74 ans, ne présentant ni symptômes, ni antécédents personnels ou familiaux, ni facteurs de risque particulier.
- Il repose sur un test à simple et indolore à faire chez soi. Il suffit de prélever un peu de selles grâce au kit et de l'envoyer au laboratoire d’analyses.
Le mois de mars est le théâtre de mars bleu, campagne nationale de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal. Et, cet événement est plus qu’essentiel. Près de 70 % de la population concernée – les personnes entre 50 et 74 ans sans facteurs de risque autres que l’âge, sans symptômes ni antécédents personnels ou familiaux de maladies touchant le côlon ou le rectum - ne réalise pas le dépistage.
Pourtant, le test qui permet de détecter le cancer colorectal est simple et s’effectue chez soi en quelques minutes !
Kit du cancer colorectal : les modalités de délivrance élargies cette année
Le dépistage du cancer colorectal ne repose pas directement sur une coloscopie. En premier lieu, les femmes et les hommes de 50 à 74 ans, sans symptômes, ni antécédents sont invités tous les deux ans à faire une analyse de selles. Le prélèvement se fait à domicile. Le kit qui permet de le recueillir peut être obtenu par plusieurs moyens. Il est possible de le retirer auprès d’un pharmacien, d’un médecin (généraliste, gynécologue, gastro-entérologue) et depuis l’arrêté du 10 mars 2026 à un(e) infirmier(ère) diplômé(e) d’État. Autre modalité offerte : le commander en ligne sur le site monkit.depistage-colorectal.fr.
Le prélèvement doit être envoyé au laboratoire par le biais de l’enveloppe fournie avec le kit dans les 24h suivant sa réalisation, jamais le samedi, ni la veille d’un jour férié. Une coloscopie est réalisée seulement si le test détecte du sang dans les selles, soit dans 4 % des cas.
Le test et son analyse sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. "Ce test sauve des vies : détecté tôt, ce cancer se guérit 9 fois sur 10, tandis que les chances de survie à 5 ans ne sont plus que de 14,3 % lorsque la maladie est diagnostiquée à un stade métastatique", rappelle l’Institut National du Cancer dans un communiqué.
Bientôt un dépistage plus ciblé grâce aux eaux usées ?
Mars bleu a pour objectif d’encourager l’ensemble du public concerné par le programme à se faire dépister afin d’éviter les diagnostics tardifs via des campagnes publicitaires et différentes opérations. Mais le ciblage pourrait devenir plus précis et s'émanciper des facteurs de risque classique comme l’âge. Des chercheurs ont découvert qu'un marqueur du cancer de l'intestin (CDH1) peut être détecté lors de l’analyse des eaux usées. Des tests menés dans le comté de Jefferson (Kentucky, USA) le 26 juillet 2023 ont permis de distinguer les zones urbaines où le plus de patients soignés pour un cancer colorectal vivaient. L’équipe prévoit de poursuivre ses travaux afin de déterminer s’il y a un moyen de distinguer précisément les nouveaux cas de cancer colorectal des cas diagnostiqués. Elle voit toutefois ces premières conclusions comme prometteuses.
"La tendance récente à l’augmentation de l’incidence du cancer colorectal chez les jeunes souligne la nécessité d’améliorer les approches de santé publique. Si les méthodes de dépistage existantes, comme la coloscopie et les tests de selles, restent efficaces, leur dépendance à l’égard de l’adhésion individuelle pose problème, notamment dans les communautés confrontées à des obstacles structurels et sociaux en matière de santé", expliquent les auteurs dans leur article publié dans Journal of Epidemiology & Community Health.
"La détection de marqueurs élevés [de cancer colorectal] dans des zones communautaires plus larges, avant que l'incidence élevée ne soit enregistrée par les centres de soins tertiaires ou les registres d'État du cancer, pourrait aider à cibler les zones pour un dépistage communautaire pratique et efficace", ajoutent-ils



