- Les vaccins contre les infections à méningocoque, Bexsero et Menveo, ont été ajoutés à la liste des médicaments remboursés par la Sécurité sociale.
- Ils sont désormais pris en charge dans certaines situations précises, notamment pour les patients avec un déficit immunitaire, sans rate, ayant reçu une greffe de cellules souches.
- En outre, un dispositif temporaire, concernant les enfants nés en 2020, 2021 et 2022, pour rattraper la vaccination est mis en place.
Alors qu’une épidémie de méningite frappe actuellement le Royaume-Uni, les autorités sanitaires françaises ont ajouté deux vaccins contre les agents pathogènes pouvant entraîner cette inflammation des méninges (enveloppes protectrices du cerveau et de la moelle épinière) dans la liste des médicaments remboursés par la Sécurité sociale en France.
Bexsero, Menveo : un remboursement pour le rattrapage vaccinal chez certains enfants
Comme les doses de Nimenrix récemment, les doses de Bexsero, indiqué contre les infections à méningocoque du groupe B, et de Menveo, recommandé contre les infections à méningocoque des groupes A, C, W, Y, sont dorénavant pris en charge par l’Assurance Maladie, selon un arrêté du 12 mars 2026 publié au Journal officiel. Ce remboursement concerne des publics ciblés, notamment les personnes avec déficit immunitaire spécifique (complément, properdine), les adultes sans rate (asplénie), les patients ayant eu une greffe de cellules souches, les personnes ciblées par les recommandations vaccinales de la Haute Autorité de Santé (HAS). Le texte prévoit aussi un rattrapage vaccinal temporaire uniquement pour les enfants nés en 2020, 2021 et 2022, qui sont plus à risque d’être infectés par les germes pouvant causer une méningite.
La vaccination des nourrissons contre les méningocoques ACWY et B est obligatoire
Pour rappel, la prévention de la méningite, qui se transmet par voie aérienne (la toux, les postillons, la salive) lors d’un contact direct, rapproché et prolongé avec une personne malade ou un porteur sain, repose sur la vaccination. C’est pourquoi le gouvernement a rendu, depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY obligatoire pour les nourrissons nés à compter du 1er janvier 2023, y compris ceux déjà vaccinés contre le méningocoque C. La vaccination contre le méningocoque B est également devenue obligatoire pour tous les bébés nés à compter du 1er janvier 2023 depuis cette date.
"En Angleterre, le nombre de nouveaux cas chez les jeunes enfants a ainsi diminué de près de 80 % avec un schéma complet de vaccination (3 doses contre les infections invasives à méningocoques B) durant les trois premières années du programme. (…) Au Pays-Bas, le nombre de nouveaux cas chez les jeunes enfants a ainsi diminué de près de 82 % à la suite du remplacement de la vaccination contre les méningocoques C par celle contre les méningocoques ACWY", peut-on lire sur le site du ministère de la Santé.
Méningite : une hausse des cas recensée
Ces décisions ont été prises à la suite d’une augmentation particulièrement importante des infections invasives à méningocoques. Selon le bulletin de Santé publique France du 24 avril 2025, 616 cas de méningite ont été déclarés en 2024, soit une hausse de 10 % par rapport à 2023. Ce nombre annuel de cas est "le plus élevé depuis 2010. (…) La méningite B est plus fréquente chez les nourrissons et jeunes enfants d’un à 4 ans, et dans une moindre mesure chez les jeunes adultes de 15-24 ans. Les méningites W et Y sont plus fréquentes chez les nourrissons et les personnes âgées (de plus 80 ans)."



