- Une étude montre qu'un an d'exercice d'endurance modéré peut rajeunir le cerveau de 7 mois.
- Les mécanismes exacts restent inconnus, mais l'effet est réel.
- Le sport pourrait agir via l'inflammation, la santé vasculaire, le métabolisme ou encore les mitochondries, selon les chercheurs.
Quelques années de jeunesse gagnées, grâce à une simple routine sportive. C'est la promesse d'une nouvelle étude américaine, publiée dans le Journal of Sport and Health Science, qui démontre qu'une année passée à pratiquer une activité physique d'endurance peut littéralement faire reculer l'âge de notre cerveau.
Un an d'efforts pour sept mois de jeunesse cognitive
Pour parvenir à cette conclusion, des chercheurs de l'Université de Pittsburgh et de l'AdventHealth Research Institute ont suivi 130 adultes, habituellement peu actifs, âgés de 26 à 58 ans. Pendant un an, la moitié d'entre eux a suivi un programme de 150 minutes – suivant les recommandations de l’OMS – d'exercice aérobie hebdomadaire comme la course à pied, le vélo ou l’elliptique. Résultat de cette routine sportive : leurs cerveaux sont apparus en moyenne sept mois plus jeunes que ceux observés au début de l'étude, selon des analyses d'IRM réalisées avec l’aide d’une intelligence artificielle.
Ce qui a surpris l’équipe de scientifiques, c'est que les raisons habituelles de ces changements associés au sport ne tiennent pas. Une amélioration de la forme physique ? Oui, mais elle est insuffisante pour expliquer à elle seule la réduction de l'âge cérébral. Même chose pour la pression artérielle, le poids ou les protéines liées à la croissance du cerveau (comme le BDNF, pour facteur neurotrophique issu du cerveau) : aucune de ces variables biologiques ne permet de comprendre complètement l’effet observé. Comme le souligne le Dr Lu Wan, auteur principal de l’étude, dans un communiqué : "Nous pensions que les améliorations de la condition physique ou de la tension artérielle expliqueraient cet effet, mais ce n'est pas le cas."
Des modifications profondes dans la structure du cerveau
Cette recherche met en lumière deux moments clés de la vie : la quarantaine et la cinquantaine. C'est souvent là que les habitudes se figent, mais aussi que le cerveau reste réactif aux changements. Les participants de l'étude, en moyenne âgés de 41 ans, n'étaient ni malades ni en déclin cognitif. Pourtant, leur engagement dans une simple routine sportive (marche, vélo, course légère) a suffi à modifier la trajectoire de leur cerveau.
L'exercice semble donc enclencher des modifications profondes, encore mal identifiées, dans la structure cérébrale. Peut-être agit-il via l'inflammation, la santé vasculaire, le métabolisme ou encore les mitochondries, suggèrent les chercheurs. D'autres études devront en tout cas explorer ces pistes. Et l'enjeu est crucial : des travaux montrent que chaque année supplémentaire sur l'âge du cerveau prédit un risque accru de 3 % de démence. Inverser ou ralentir ce vieillissement pourrait donc avoir un impact majeur sur le maintien de nos facultés cognitives à long terme.


