• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Alcoolisme

Votre métier influence-t-il votre consommation d’alcool ?

Une étude australienne révèle que le nombre d’heures travaillées dans la semaine, le stress professionnel et le travail posté ont un impact sur la consommation d’alcool excessive.

Votre métier influence-t-il votre consommation d’alcool ? DragonImages/istock




L'ESSENTIEL
  • Travailler plus de 40h par semaine et le travail posté impactent la consommation d'alcool.
  • Toutefois, les facteurs personnels et sociaux jouent un rôle encore plus important.
  • Les chercheurs appellent les entreprises à faire de la prévention ciblée sur les risques de l'alcool.

Si l’alcool n’est pas autorisé au bureau, il ne semble pas être totalement exclu de la vie professionnelle. En effet, une étude de l’université Flinders (Australie) montre que plusieurs facteurs liés au travail – comme de longs horaires et le travail posté – sont liés à une hausse du risque de consommation d’alcool excessive. Toutefois, ils restent moins importants que les facteurs personnels et sociaux.

L’étude a été publiée dans Drug and Alcohol Review, le 16 décembre 2025.

Consommation d’alcool excessive : travailler plus de 40h par semaine augmente le risque

Pour évaluer l’impact du monde professionnel sur la consommation d’alcool, les chercheurs ont interrogé plus de 26.000 Australiens sur leur emploi, leur planning, leur mode de vie et leur consommation d’alcool. L’analyse des données a révélé que travailler plus de 40 heures hebdomadaires était lié à une probabilité accrue de boire à des niveaux nocifs, et cela, tout au long de la semaine. Le travail posté était également associé à une consommation d'alcool à risque. Cependant, ces salariés avaient tendance à ne trinquer excessivement qu’une fois dans la semaine.

"Nous pensons que le désir d’avoir plus d’heures de travail peut refléter des facteurs sous-jacents tels que le stress financier, l’addiction au travail ou d’autres traits qui prédisposent les individus à des comportements de consommation d’alcool à risque, ce qui est cohérent avec les recherches précédentes", explique le Dr Gianluca Di Censo, auteur principal de l'étude, dans un communiqué.

Par contre, la satisfaction au bureau et le stress professionnel perçu n'étaient pas des prédicteurs significatifs. Ce qui suggère que "les aspects structurels du travail, tels que les heures et les horaires, ne comptent plus que ce que les gens pensent de leur emploi", estiment les scientifiques.

Alcool : l’âge, le sexe, le mode de vie ont un impact encore plus important

Si le travail peut influencer la consommation d’alcool, l’impact de l’âge, du mode de vie et du sexe était plus prononcé, selon l'étude. En effet, les jeunes employés âgés de 18 à 29 ans étaient près de huit fois plus susceptibles d’avoir une consommation excessive d'alcool que leurs collègues plus âgés. Les hommes étaient beaucoup plus enclins que les femmes à dépasser les recommandations.

"Le tabagisme s'est révélé être le facteur de risque modifiable le plus important, les fumeurs étant près de trois fois plus susceptibles de consommer de l'alcool à des niveaux à risque", ajoutent les auteurs.

"Cela nous indique que les programmes de prévention et d'intervention ne doivent pas se concentrer uniquement sur l'alcool de manière isolée", souligne le Dr Di Censo. "Les programmes qui s’attaquent à plusieurs comportements liés à la santé, comme le tabagisme et la consommation d’alcool simultanément, sont susceptibles d’être plus efficaces."

"Les entreprises ne peuvent pas ignorer ce problème. Les longues heures de travail et le travail posté sont liés à des habitudes de consommation d'alcool nocives, et des idées reçues comme "l'alcool aide à dormir" persistent chez les travailleurs postés", ajoute la Dr Kirrilly Thompson qui a aussi participé à la recherche. "Les employeurs doivent sensibiliser leurs salariés aux effets réels de l’alcool, promouvoir l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et proposer un soutien à la gestion du stress. Ces mesures peuvent faire une réelle différence. Pour les lieux de travail où les horaires sont longs ou qui fonctionnent par roulement, certaines stratégies ciblées pour réduire les méfaits liés à l'alcool pourraient s'avérer très utiles."

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES