- Une étude montre comment l’activité physique réactive la capacité des muscles à se réparer avec l’âge.
- Elle identifie le gène DEAF1, méconnu, comme un acteur clé du vieillissement musculaire.
- Cette avancée ouvre la voie à des traitements qui imiteraient les bienfaits de l’exercice au niveau cellulaire.
L’exercice serait bien le meilleur traitement contre le vieillissement. Une nouvelle recherche menée par la Duke-NUS Medical School (Singapour), en collaboration avec l’université britannique de Cardiff, dévoile comment l’activité physique réactive la capacité des muscles à se réparer avec l’âge. L’étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, met en lumière le mécanisme moléculaire qui pourrait permettre à des millions de personnes âgées de retrouver force et mobilité.
L’effet réparateur de l’exercice physique
Au cœur du déclin musculaire lié à l’âge, les scientifiques ont identifié le gène DEAF1, responsable d'un dérèglement du processus d'entretien de nos protéines musculaires. Normalement contrôlé par les protéines FOXO, ce gène devient en effet hyperactif lorsque ces dernières diminuent avec l’âge. Cette suractivation pousse le système de croissance cellulaire mTORC1 (chargé de produire et d’éliminer les protéines musculaires) à produire des protéines sans éliminer les déchets cellulaires... Ce qui a pour effet d’affaiblir progressivement les muscles.
Mais il apparaît donc que l’exercice peut inverser ce processus et corriger le déséquilibre. "L’activité physique active certaines protéines qui réduisent les niveaux de DEAF1, rétablissant l’équilibre du système de croissance musculaire", explique le Dr Tang Hong-Wen, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. En clair, cela permet aux muscles de "se nettoyer" et de se reconstruire plus efficacement. "Cette recherche explique pourquoi les muscles vieillissants perdent leur capacité de réparation, et comment l’exercice peut en rétablir l’équilibre chez certains", résume Patrick Tan, de la Duke-NUS.
"Comme si on appuyait sur le bouton de rembobinage"
Comme attendu, les expériences menées sur des mouches et des souris âgées ont confirmé que la réduction du gène DEAF1 permettait de restaurer toutes les fonctions musculaires. D’après la chercheuse Priscillia Choy Sze Mun, qui a participé aux travaux, "diminuer DEAF1 aide donc les muscles à retrouver force et équilibre, presque comme si on appuyait sur le bouton de rembobinage". Mieux encore, l’équipe de scientifiques a constaté que DEAF1 influence les cellules souches musculaires, essentielles à la réparation des tissus. En ouvrant la voie à des traitements qui imiteraient les bienfaits de l’exercice au niveau cellulaire, cette découverte pourrait bien, à terme, profiter aux patients convalescents ou atteints de maladies chroniques.


